Romarin

Un potentiel à découvrir

« Encensier », « herbe aux couronnes », « plante des troubadours », « rose des marins », « bouquet de la vierge », « rosmarinus officinalis »… quantité d’appellations désignent le romarin dont les propriétés mellifères et aromatiques, appréciées en cuisine, s’ajoutent à ses vertus cosmétiques et médicinales.

Dr Mustapha Akhmisse

Président de l’Association marocaine de recherche en médecine traditionnelle et orthopédiste rhumatologue

Doctinews N° 41 Février 2012

 

Originaire de la région du littoral méditerranéen, le romarin est un arbuste ligneux et ramifié de la famille des Lamiacées qui pousse naturellement en touffes dans des terrains calcaires -maquis, garrigue et rocaille- et se plaît dans la lumière des climats chauds et secs. Néanmoins, cette vivace s’est aujourd’hui répandue sous les climats tempérés et peut être cultivée en jardin comme une plante aromatique et ornementale. Au Maroc, cet arbrisseau abonde dans les forêts claires du Rif, le Grand et le Moyen Atlas. Ses feuilles vertes, couvertes d’un enduit blanc et ses fleurs lilas et blanches renferment une huile essentielle riche en camphre, cinéole, alpha-pinène, bornéol libre et estérifié, terpènes, pigments flavoniques et principes amers dont l’acide rosmarinique et carnosique.

 

L’escop recommande le romarin pour ses propriétés cholénétique et  cholagogue.

Les vertus de l’huile essentielle

L’industrie alimentaire l’utilise largement comme composant pour son parfum balsamique et camphré et ses propriétés anti-oxydantes. Ses atouts astringents et conservateurs sont aussi mis à profit dans la recherche cosmétique pour des soins de beauté capillaires et de la peau. Mais la vraie richesse de ses principes actifs se révèle surtout dans la pharmacopée et la phytothérapie. L’huile essentielle de romarin se décline en trois variantes à chémotypes et usages distincts. Le romarin officinal à camphre agit principalement sur le système neuromusculaire, contre la fatigue, les effets de stress et de surmenage. Le romarin officinal à cinéole présente des propriétés bactéricide, fongicide, anticattarhale, mucolytique et expectorante. Enfin, celui à verbénone se distingue particulièrement dans le traitement des problèmes digestifs et hépatiques. Comme de nombreuses huiles essentielles, il est contre-indiqué aux femmes enceintes, aux jeunes enfants ainsi qu’aux asthmatiques, et la surdose peut être neurotoxique.

 

Des traditions à la science

Vénéré par les Egyptiens dès l’Antiquité comme symbole de force et de protection, le romarin était offert et porté en couronne lors des fêtes nuptiales, funéraires et païennes. Les étudiants romains lui attribuaient également un effet de stimulation de la mémoire et se confectionnaient des couronnes qu’ils portaient les jours d’examens. Par temps d’épidémie de peste, les branches étaient brûlées en encens pour purifier l’air. Les propriétés curatives de la plante gagnèrent une renommée exceptionnelle au XVIe siècle grâce à l’eau de la reine de Hongrie. La distillation du romarin à l’alcool aurait permis à Isabelle de Hongrie de guérir miraculeusement de ses rhumatismes. Quoi qu’en dise la légende, ce spiritueux fut considéré par la suite comme un élixir de jouvence. Si les remèdes de grand-mère semblent relever de la croyance populaire, les études scientifiques ont peu à peu démontré les différentes vertus thérapeutiques de cette plante, et les recherches en découvrent encore aujourd’hui.
En effet, de nombreuses études précliniques ont révélé les effets que le romarin peut avoir sur plusieurs pathologies.
Efficace sur les spasmes digestifs et les douleurs abdominales dues aux fermentations intestinales, son action antispasmodique est reconnue par la Commission E et l’ESCOP (instances allemande et européenne spécialistes en phytothérapies), tout comme son usage pour soulager les troubles rhumatismaux ou de la circulation sanguine périphérique. L’ESCOP le recommande spécifiquement pour ses propriétés cholérétique et cholagogue qui stimulent la fonction biliaire et soignent les insuffisances hépatiques et les inflammations chroniques de la vésicule. Les effets bénéfiques des émanations aromatiques du romarin sur l’inflammation des voies respiratoires et de la sphère ORL ont par ailleurs été testés par des essais in vitro et sur des animaux. Le romarin est également reconnu pour ses usages emménagogue et diurétique, ainsi que pour son efficacité d’antiseptique léger. Allié à d’autres principes actifs, l’huile essentielle de romarin peut être utilisée dans les traitements de maladies dermatologiques tels que l’eczéma ou le psoriasis. D’autres essais sont en cours pour étudier et exploiter son pouvoir sur les douleurs arthritiques et ses effets anti-inflammatoires, attribuables à plusieurs composants aux propriétés anti-oxydantes que la plante renferme. Les chercheurs n’ont cependant pas encore pu prouver certaines vertus populairement attribuées à la plante, dont les essais auraient besoin d’études plus poussées pour en confirmer l’effet, comme le pouvoir de stimulation des facultés cognitives. Enfin, des résultats d’études in vitro et sur animaux indiquent que le romarin pourrait inhiber la prolifération des cellules cancéreuses. Selon les chercheurs, ces effets anti-proliférateur et antimutagène seraient dus aux composés polyphénoliques du romarin, notamment le carnosol et l’acide carnosique. Ces propriétés prometteuses, qui restent néanmoins à démontrer, prouver et exploiter, pourraient faire du romarin une richesse de l’avenir.

 


 

Le romarin dans la médecine traditionnelle marocaine

Le romarin est mentionné à plusieurs reprises par les botanistes arabes et maghrébins comme Al Baytar, Abderrazaq et Al Wazir El wazzani.
Au Maroc, où il  pousse en abondance dans l’oriental, il  est connu sous plusieurs noms : Aazir ou yazir , Klil Al Jabal, Barqella, Hachich Lerneb.
De nombreuses coopératives le distillent encore de manière artisanale.
La médecine traditionnelle  l’utilise particulièrement en infusion comme cholagogue et emménagogue. En usage externe, les feuilles fraîches ou en décoction sont appliquées comme antiseptique sur les plaies et les abcès. Les feuilles séchées sont utilisées sous forme de poudre  sur les plaies opératoires après circoncision. L’huile essentielle obtenue par distillation traditionnelle est indiquée dans les massages en cas de rhumatisme ou de « bouzelloum » (sciatique).

 

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