Stress

Le vaincre à l’aide des micronutriments

Réaction normale de l’organisme face à une situation alarmante, le stress peut parfois entrainer un déséquilibre psychique et physique et altérer ainsi le fonctionnement de l’organisme. Une alimentation équilibrée, une bonne hygiène de vie et la pratique d’une activité physique sont des éléments qui permettent une meilleure gestion de ce phénomène.

 

Doctinews N°95 Janvier 2017

Avec la collaboration du Dr Karim Ouali
Nutritionniste, phytothérapeute et homéopathe

C
ontrairement aux idées reçues, le stress n’a pas que des répercussions négatives. En effet, ce phénomène peut, lorsqu’il est de courte durée, inciter à l’excellence et être une source de motivation pour relever les challenges et atteindre les objectifs fixés. Un athlète sur le point d'effectuer un saut en hauteur lors d'une compétition à élimination directe, un artiste devant chanter face à des milliers de spectateurs ou un étudiant en phase de préparation pour un examen important ressentent souvent un « stress positif » qui les pousse à donner le meilleur d'eux même et à accomplir des performances. Le stress est donc une réponse tout à fait normale de l'organisme à toute situation alarmante qui, lorsqu'elle est adaptée, ne présente pas de risques sur la santé de l'individu. Quand il est prolongé ou permanent, il peut, en revanche, devenir un véritable handicap et entraîner une série de complications psychiques et physiques.

Des complications parfois graves

Lorsqu'il fait face à une situation anxiogène, l’organisme réagit en trois phases. La première est dite d' « alarme », phase durant laquelle il secrète des catécholamines, dont l'adrénaline. Elle est caractérisée par une augmentation de la fréquence cardiaque, de la respiration et de la vigilance. Son rôle est de préparer l'organisme à faire face à l'agression. Si la situation alarmante persiste, la personne entre dans la « phase de résistance » durant laquelle la glande corticosurrénale commence à secréter des glucocorticoïdes afin d'assurer à l'organisme la quantité de sucre dont il a besoin pour produire de l'énergie et maintenir la réponse à l'agression. Quand le stress dure trop longtemps, les capacités de résistance baissent considérablement. L'organisme atteint alors la « phase d'épuisement » et peut être exposé à plusieurs complications.
Le stress se manifeste par un ensemble de symptômes d'ordre psychique et organique qui peuvent varier d'une personne à une autre. Le sujet stressé peut éprouver, entre autres, une tension musculaire, une difficulté de concentration, une fatigue quasi-permanente, des maux d'estomac, des troubles du sommeil, un mal de dos, une perte ou une prise de poids, une diarrhée ou une constipation et une incapacité à se détendre et à se relaxer. Lorsqu'il est mal géré, le stress peut même favoriser la survenue de plusieurs pathologies telles que la dépression et l'hypertension artérielle. La recherche scientifique a également suggéré que les personnes exposées au stress pendant de longues périodes auraient un risque plus élevé de survenue d'un infarctus du myocarde et du diabète.

Le rôle de l'alimentation

Une bonne gestion du stress est le moyen le plus sûr pour baisser le risque de survenue de ces complications à long terme et limiter l'impact négatif du stress sur le quotidien. Cela passe d'abord par une alimentation variée et équilibrée, suffisamment riche en protéines, glucides et certains micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras essentiels, flavonoïdes et acides aminés) reconnus pour leur effet anti-stress. Il est ainsi recommandé d'opter pour des repas principaux équilibrés, composés de 50 % de protéines d'origine animale et de 50 % de protéines d'origine végétale pour fournir au corps l'énergie dont il a besoin. Les produits laitiers, les légumineuses et les céréales doivent être privilégiés durant les périodes de stress, tout comme les fruits de mer, les légumes à feuilles vertes, les germes de blé et le foie, car ils sont riches en vitamines B 1, B 6, B 9 et B 12 qui contribuent à la synthèse des neurotransmetteurs. Il est également conseillé de consommer les acides gras polyinsaturés, notamment l'oméga 3 et de choisir des huiles à base de colza, d'olive et de noix pour assaisonner les différents plats de la journée.
Les nutritionnistes insistent en outre sur l'intérêt du magnésium dans la gestion du stress. Il est aujourd'hui établi que le stress, à travers la surproduction de cortisol, contribue à la baisse du taux de magnésium dans l'organisme, ce qui affaiblit la réponse aux stresseurs. Il est donc essentiel lors des périodes de stress d'augmenter l'apport journalier en magnésium pour compenser cette perte et renforcer les défenses de l'organisme afin qu'elles puissent mieux combattre le stress. Les oléagineux tels que les noix, les amandes, les noisettes et les fruits secs sont particulièrement recommandés pour leur teneur élevée en magnésium. Les boissons énergisantes contenant de la caféine ou d'autres substances excitantes, les sucreries et les sodas doivent, quant à eux, être évités car ils favorisent l'hypervigilance et ont un impact négatif sur le sommeil chez les personnes stressées. Les sources de sucres complexes (céréales complètes, légumes secs...) sont à privilégier.

Stress
Des chiffres éloquents

Qualifié par certains de « Mal du 21e siècle », le stress est un phénomène en forte progression, surtout dans le monde professionnel. Ainsi, selon une enquête réalisée par la Société française d'enquêtes par sondages (SOFRES), 9 cadres français sur 10 se déclarent être plus stressés aujourd'hui qu'il y a 10 ans. L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail indique, pour sa part, que 28 % des salariés de l'Union Européenne ont un niveau de stress trop élevé et 30 % des arrêts maladie en Europe sont dus au stress au travail. L’augmentation de la prévalence de certaines pathologies telles que les maladies cardiovasculaires et les dépressions serait par ailleurs directement liée à la progression de ce phénomène dans le monde. Outre ses répercussions sur la santé, le stress engendre un coût économique considérable. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité, il oscillerait entre 830 et 1 656 millions d'euros, soit 10 à 20 % de l'ensemble des dépenses de la branche « accidents du travail et maladies professionnelles » de la Sécurité sociale en France.

La voie de la micronutrition

Si le stress est un phénomène qui peut toucher tout le monde, la réponse aux situations ou aux facteurs pouvant le déclencher peut varier sensiblement d'une personne à une autre. D'où l'importance de consulter un professionnel de santé jouissant d'une formation spécifique qui pourra prescrire une cure à base de micronutriments adaptés aux besoins réels du patient pour l’aider à mieux gérer son stress. Pour atteindre cet objectif, les praticiens peuvent parfois s'appuyer sur des compléments alimentaires à base de micronutriments dans le cadre d'une approche nutritionnelle personnalisée appelée micronutrition. Appelée également nutrition fonctionnelle, la micronutrition a pour objectif d'apporter une nutrition contenant tous les éléments à même de combler ses déficits en micronutriments. Elle s'appuie sur les résultats de la recherche scientifique qui ont montré que les micronutriments pourraient jouer un rôle fondamental dans la lutte contre plusieurs affections, dont le stress. Il s'agit d'une approche nutritionnelle dont le champ d'application dépasse aujourd'hui largement le stress et ses complications sur la santé (lutte contre le vieillissement, contre les troubles du fonctionnement digestif, contre les maladies dégénératives...). Pour profiter réellement de ses bienfaits, la micronutrition doit impérativement être associée à une bonne hygiène de vie. Le patient doit ainsi éviter, lorsque cela est possible, les agents stressants et apprendre à avoir du recul face aux situations alarmantes. Il doit aussi limiter sa consommation de stimulants, dormir et se réveiller à des heures fixes et pratiquer régulièrement une activité physique. Il peut en outre recourir à certaines méthodes de relaxation telles que le yoga ou la sophrologie pour vaincre son stress.

Respiration
Une arme pour lutter contre le stress

Lorsque l’organisme est sous stress, il se produit un blocage respiratoire sous l’effet des émotions, ce qui peut altérer toutes les fonctions vitales. Une bonne respiration permet de mieux lutter contre le stress, de réguler les fonctions de l’organisme et de faire circuler l’énergie dans tout l’organisme. En situation de stress, il est recommandé de s’installer confortablement, de relâcher la mâchoire et les épaules et  d’inspirer lentement et doucement par le nez en veillant à gonfler le ventre puis expirer doucement par la bouche. L’expiration doit toujours être plus longue que l’inspiration. La personne peut répéter cet  exercice  à chaque fois qu’elle est confrontée à une situation stressante.

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