Galénique

Galénique 04 avril 2018

 Une science en constante évolution

La pharmacie galénique est une science au service de l’optimisation de la qualité du médicament et de l’observance au traitement. Selon ses principes, à chaque voie d’administration correspondent des formes galéniques spécifiques.

Doctinews N°108 Mars 2018


Avec la collaboration du Dr Oussama ELLAFITI

Docteur en pharmacie


 

L
a galénique (de Galien, médecin célèbre de l’Antiquité) s’intéresse à la fabrication, à la présentation, au dosage du principe actif, à la voie d’administration et à la conservation des médicaments. C’est une science en constante évolution qui s’appuie sur les résultats de la recherche scientifique pour mettre au point des formes galéniques plus performantes qui permettent d’améliorer l’efficacité, l’observance et la cinétique des médicaments. La forme galénique désigne, quant à elle, la forme sous laquelle se présente un médicament (composé d’un ou plusieurs principes actifs et un ou plusieurs excipients).

Plusieurs voies d’administration

Un médicament traverse plusieurs membranes cellulaires semi-perméables, des barrières biologiques composées essentiellement d'une matrice lipidique bimoléculaire, pour atteindre la circulation sanguine. Les médicaments passent cette barrière par l’intermédiaire de différents mécanismes de transports cellulaires. Les médicaments peuvent être administrés par voie générale ou locale. Ces deux voies comportent des sous-modes d'administration. Ainsi, pour la voie générale, on retrouve la voie intra-veineuse et intra-artérielle, la sous-cutanée et intra-musculaire, la nasale, la sub-linguale, l'orale, l'auriculaire et la rectale. Quant à la voie locale, elle comporte la voie inhalée, oculaire et intra-oculaire, cutanée ou transdermique, intra-articulaire et intra-thécale. Pour chacune de ces voies d’administration, il existe plusieurs formes galéniques spécifiques. Les voies locale, parentérale et dermique et rectale sont, par ailleurs, parmi les plus utilisées.

La voie orale

La voie orale est, de loin, la plus employée en galénique. Les gélules, les sirops, les ampoules buvables et les comprimés sont les formes les plus répandues pour cette voie d'administration. Après son administration par voie orale, le médicament traverse l’œsophage où la dégradation commence déjà, puis l’estomac où il subit l’action de l’acide chlorhydrique, avant de traverser la barrière intestinale et, via la veine porte, d’arriver dans le foie où il est soumis à un ensemble de réactions enzymatiques. C’est le premier passage hépatique après lequel le médicament arrive dans la circulation sanguine générale avant d’atteindre l’organe visé au départ. La voie orale présente l'avantage d'être aisée et généralement bien acceptée par le patient. Elle permet aussi d'administrer des médicaments à des doses maitrisées. Parmi ses inconvénients figurent la difficulté de l'utiliser chez une personne ayant des nausées ou des vomissements et son absorption incomplète, voire parfois nulle. Par ailleurs, certains types de médicaments administrés par voie orale (notamment les anti-inflammatoires) irritent le tube digestif et sont donc contre-indiqués chez les personnes souffrant de gastrite ou d'ulcère gastroduodénal. En outre, le passage du médicament par le foie peut dégrader son effet par l'action de certaines enzymes.

La voie parentérale

Contrairement à la voie orale, la voie parentérale permet d'acheminer le médicament directement vers le sang ou les liquides interstitiels garantissant ainsi un effet rapide. Elle permet aussi d'éviter le tractus digestif et limite ainsi considérablement le premier passage hépatique. Elle peut être envisagée chez une personne inconsciente ou refusant de prendre la forme orale d'un médicament. Les inconvénients de cette voie concernent la douleur ressentie lors de l’injection, l’ecchymose et surtout la trypanophobie répandue chez la population pédiatrique, sans oublier le risque majeur de transmission de germes pathogènes. Les personnes chargées d'administrer un médicament par voie parentérale doivent veiller à toujours respecter les règles de bonne pratique professionnelle afin d’éviter toute contamination inopinée.

La voie dermique

La voie dermique comprend les gels, les pommades, les crèmes et les dispositifs transdermiques (patchs). Par rapport à la voie orale, cette voie n’altère pas les principes actifs par l’effet du passage hépatique et le contact avec la muqueuse gastrique. Pour ce mode d’administration, la résorption du principe actif peut varier selon l’épaisseur de la peau par endroit. En effet, la résorption au niveau de la paupière est beaucoup plus rapide que celle au niveau de la plante des pieds. Le recours à cette voie oblige cependant le patient à respecter plusieurs règles qui peuvent parfois être contraignantes. Il doit notamment s’abstenir d’exposer son corps au soleil et ne pas pratiquer une activité aquatique ou prendre de douche pendant une période qui peut varier selon le type de médicaments appliqués.

La voie rectale

La voie rectale compte parmi les plus utilisées, surtout chez les enfants et les nourrissons. Les formes pharmaceutiques correspondant à cette voie peuvent avoir trois types d’action : systémique, mécanique ou locale. Cette voie peut être envisagée lorsque le médicament administré peut être altéré par les sucs digestifs ou lorsqu’il irrite le tube digestif. Elle permet une libération plus lente du principe actif et donc une action prolongée. Elle se distingue, en outre, par la résorption rapide du principe actif car le rectum est très vascularisé. Elle peut être utilisée chez les patients inconscients ou ne pouvant avaler les médicaments. De plus, le médicament ne subit pas l’action des enzymes digestives. Cette voie présente toutefois des inconvénients, notamment le risque d’irriter, voire parfois d’ulcérer la muqueuse rectale surtout lors des traitements de longue durée. Les produits administrés par cette voie étant très sensibles à la chaleur, le patient doit toujours veiller à ne pas les conserver dans un environnement chaud car cela risque d’altérer leur forme. De plus, la voie rectale est peu appréciée par les patients car son utilisation durant la journée n’est pas toujours aisée. Le choix de la voie d’administration est en fait basé sur plusieurs critères. Il tient compte, notamment, de l’état et l’âge du patient, du cheminement du principe actif dans l’organisme et des pathologies associées. Le cout du traitement est un autre élément qui est aussi pris en compte. En règle générale, la voie parentérale est plus chère que la voie orale à cause du matériel de préparation et d’injection et de la nécessité de faire intervenir des personnes qualifiées pour réaliser les injections.

Dans la même rubrique

Pédiculose du cuir chevelu

Pédiculose du cuir chevelu

 Pédiculose du cuir chevelu

Affection fréquente et bénigne, la pédiculose du cuir chevelu est une infestation parasitaire due au pediculu...

Lire la suite

Réaction de Maillard

Réaction de Maillard

La rencontre entre le sucre et les protéines

La première publication relative à la réaction de Maillard, connue dans le monde médical sou...

Lire la suite

Dysgraphie

Dysgraphie

Le rôle central du psychomotricien

La dysgraphie est un trouble fonctionnel durable et persistant caractérisé par une difficulté à accomp...

Lire la suite

Galénique

Galénique

 Une science en constante évolution

La pharmacie galénique est une science au service de l’optimisation de la qualité du médicament et ...

Lire la suite

Vertiges et troubles de l'équilibre

Vertiges et troubles de l'équilibre

La voie de la rééducation vestibulaire

La rééducation vestibulaire est un ensemble de techniques thérapeutiques qui s’adressent aux per...

Lire la suite

Soins palliatifs en pédiatrie

Soins palliatifs en pédiatrie

Des questions éthiques !

L’enfant malade est un mineur qui ne peut pas légalement prendre toutes les décisions qui le concernent. Dans ce...

Lire la suite

Copyright © 2018 Doctinews.

All rights reserved.