Dysgraphie

Dysgraphie 09 mai 2018

Le rôle central du psychomotricien

La dysgraphie est un trouble fonctionnel durable et persistant caractérisé par une difficulté à accomplir les gestes de l'écriture. En l’absence de traitements médicamenteux, la prise en charge de ce trouble est assurée essentiellement par le psychomotricien qui, à l’aide de nombreux tests et exercices, aide l’enfant à vaincre sa dysgraphie.

Doctinews N°109 Avril  2018


Avec la collaboration de Samira Maziani

 Psychomotricienne


 

L
ssu des mots grecs « dys » (handicap) et « graphia » (écriture), le terme dysgraphie désigne un handicap de transcription se traduisant par une difficulté pour l’enfant d’écrire correctement malgré son application. Les gestes de la main qui tient le crayon sont trop lents et désordonnés et le tracé sur la feuille est souvent irrégulier. Les mots écrits peuvent parfois être illisibles. Pour que son écriture soit plus lisible, l’enfant doit fournir des efforts considérables qui mobilisent toutes ses ressources, ce qui peut être très fatiguant pour lui.

Un véritable trouble d’apprentissage

Tout comme les autres troubles de l’apprentissage, la dysgraphie constitue un véritable handicap qui peut être responsable d’échec scolaire et impacter négativement la vie personnelle et professionnelle des personnes qui en sont atteintes. L’enfant souffrant de dysgraphie développe souvent une véritable phobie de l’écriture et éprouve un grand stress à l’idée de devoir écrire. Sa difficulté l’empêche de suivre le rythme de ses camarades de classe, ce qui altère sa confiance en lui. La dysgraphie peut par ailleurs avoir plusieurs causes, notamment un trouble de la coordination oculomotrice, une mauvaise perception du schéma corporel, un traumatisme psychique vécu dans la petite enfance, un manque de stimulation ou encore un trouble de l’apprentissage tel que la dyslexie.

Il existe cinq groupes de dysgraphies : l La dysgraphie raide, caractérisée par une écriture tendue et anguleuse ; l La dysgraphie molle, caractérisée par une irrégularité des dimensions des lettres donnant une impression de négligence ; l La dysgraphie lente et précise, caractérisée par une écriture lente et des caractères précis mais au prix d’un grand effort ; l La dysgraphie impulsive, caractérisée par un geste incontrôlé et rapide et une écriture très souvent illisible ; l La dysgraphie maladroite : caractérisée par des formes lourdes, mal proportionnées. La page est mal organisée, le tout apparait désordonné. Il existe par ailleurs trois types de dysgraphies : l La dysgraphie linguistique ; l La dysgraphie d’ordre spatial ; l La dysgraphie d’ordre moteur.

Plusieurs examens

La dysgraphie se manifeste par plusieurs signes qui peuvent apparaitre vers l’âge de trois ans, parfois plus tôt. Les parents de l’enfant peuvent ainsi observer une maladresse, une lenteur des gestes, un retard psychomoteur, un retard de la marche ou de la position assise, un manque de coordination entre l’œil et les membres supérieurs (l’enfant ne peut pas utiliser correctement une cuillère par exemple), ou encore des problèmes au niveau de l’organisation spacio-corporelle et de l’orientation spatiale. L’enfant peut, en outre, être hypotonique ou hypertonique. Il est toutefois prématuré à cet âge d’évoquer une dysgraphie car ces symptômes peuvent être liés à d’autres types de troubles. Le diagnostic définitif de la dysgraphie n’est d’ailleurs effectué qu’à l’âge de 7 ans. Pour établir le diagnostic, les psychomotriciens doivent d’abord réaliser un bilan graphomoteur. Il s’agit d’un test qui vise à évaluer les aptitudes graphiques de l'enfant, à rechercher la cause de ses difficultés et à établir un plan de rééducation. Ce bilan permet de vérifier, entre autres, l’acquisition par l’enfant des signes de base du graphisme. L’enfant doit subir d’autres examens, notamment des tests de rapidité et de tonicité. Ces tests sont bien codifiés et validés scientifiquement et permettent d’établir un diagnostic précis de la dysgraphie. A ces examens s’ajoute un bilan d’observation qui évalue le degré de raideur, l’appui du stylo sur la feuille, l’indépendance des doigts et mesure le relâchement des membres supérieurs.

Des exercices de rééducation

Lorsque le diagnostic est effectué, le psychomotricien peut alors démarrer le traitement. Ce dernier repose sur des exercices de rééducation adaptés aux besoins, au type de dysgraphie de l'enfant et à son niveau scolaire. Mais avant de s’attaquer au problème de l'écriture, le thérapeute doit d'abord commencer par travailler sur certains éléments corporels qui conditionnent la réponse de l'enfant au traitement. Il agit notamment sur le schéma corporel, les notions d’espace, l’équilibre et la coordination des gestes. Un enfant qui présente par exemple des difficultés à dessiner un rond doit d’abord pouvoir toucher, sentir la forme des objets ronds à travers leur manipulation avant de passer à l’écriture. Cette étape est essentielle car, sans elle, l’enfant sera incapable de retranscrire correctement la forme demandée par le thérapeute et ne pourra pas, par la suite, effectuer les exercices. Ces derniers sont basés sur des techniques de contrôle de la pression, de graphomotricité, de repérage spatio-temporel et de mémoire. L'objectif de la thérapie n'est pas de changer l'écriture de l'enfant mais de le « réconcilier » avec les lettres en l'aidant à retrouver le plaisir de l'écriture. Le thérapeute peut aussi recourir à des techniques de relaxation gestuelle et à des exercices graphiques ludiques qui aident à décontracter le geste et à améliorer la tenue du stylo.

Une prise en charge parfois multidisciplinaire

La durée du traitement peut varier d'un enfant à un autre. Généralement, les spécialistes préconisent un minimum de 30 séances pour obtenir de bons résultats. Certains cas plus compliqués nécessitent toutefois un traitement beaucoup plus long (parfois plusieurs années). Les séances doivent être régulières à raison d'une à deux par semaine. Pour qu’elle soit efficace, la prise en charge de la dysgraphie doit être multidisciplinaire, surtout lorsque l’enfant présente d’autres troubles, notamment un retard de langage. Le psychomotricien travaille ainsi en étroite collaboration avec l’orthophoniste. Il peut aussi faire appel à un pédopsychiatre ou à un psychologue s’il juge que l’enfant a besoin d’une prise en charge psychologique associée aux traitements de psychomotricité. La collaboration entre ces différents spécialistes permet d’agir plus efficacement sur le trouble dont souffre l’enfant. Pour que la prise en charge permette d’obtenir des résultats satisfaisants, il est primordial de consulter un psychomotricien dès l’apparition des premiers signes de la dysgraphie chez l’enfant. Il est aussi important de sensibiliser les parents et les enseignants aux spécificités de la dysgraphie et de les impliquer dans le traitement.

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