Traitement de l’obésité par ballon intra-gastrique

Traitement de l’obésité par ballon intra-gastrique 22 mars 2017

Une alternative à la gastroplastie chirurgicale

Une étude observationnelle a été menée sur une période de 10 ans avec pour objectifs de vérifier les effets bénéfiques de la pose du ballon sur la perte du poids et la perte de l’excès du poids (excès de poids = poids actuel – poids idéal) chez les patients obèses ainsi que la baisse de l’IMC. Les résultats de cette étude montrent que le ballon intra-gastrique, comme moyen thérapeutique et comme alternative à la gastroplastie chirurgicale, est une méthode efficace et non invasive avec très peu d’effets secondaires.

 

Doctinews N°97 Mars 2017

Par le Dr Mohamed AMINE

Hépato-gastroentérologue – Casablanca


 

F
léau mondial, l’obésité est un facteur de risque important de morbidité et de mortalité. Elle est impliquée dans les maladies cardiovasculaires, certains troubles respiratoires (le syndrome d’apnée obstructive du sommeil) ou encore des complications veineuses avec la survenue de thromboses veineuses profondes responsables d’embolie pulmonaire. L’obésité s’accompagne également de complications métaboliques de type diabète avec dyslipidémie, de maladies rénales ou encore de goutte, de complications ostéo-articulaires (arthrose des hanches et des genoux) et de complications hépato-digestives comme la stéatose hépatique (risque de cirrhose du foie), la hernie hiatale avec le reflux gastro-œsophagien et les cancers digestifs. Enfin, les complications psycho-sociales altèrent la qualité de vie des personnes obèses parmi lesquelles l’aspect esthétique et les relations.

Epidémiologie de l’obésité

Plus d’un milliard d’individus souffrent de surpoids et plus de 300 millions sont atteints d’obésité morbide au niveau mondial et cette affection touche aussi bien les pays industrialisés (10 % à 70 % aux U.S.A) que les pays en voie de développement (50 à 85 %). Au Maroc, une enquête nationale sur l’anthropométrie publiée en avril 2013 et réalisée par le Haut Commissariat au Plan (HCP) en 2011 auprès de 2 426 ménages a révélé que près du tiers de la population du Maroc, soit quelque 10,3 millions de personnes adultes, connaît des problèmes de surpoids dont 63,1 % de femmes qui sont en situation d'obésité ou de pré-obésité. Un tiers de la population est donc menacé. De plus, les prévalences de l'obésité et du surpoids augmentent rapidement depuis quelques décennies, et elles sont encore plus accentuées en milieu urbain et chez les femmes. A travers sa prévalence actuelle, considérée alarmante, l'obésité au Maroc représente donc un véritable problème de santé publique.

Les moyens de lutte contre l’obésité

Les traitements conventionnels
Les régimes : Aucun régime diététique hypocalorique n’est valable car, par définition, il est restrictif et donc déséquilibré. Il fait perdre de la masse maigre (les muscles) et non de la masse grasse (graisse). Tous ces régimes sont déprimants, stressants, frustrants et les patients reprennent leur poids initial dès le retour au régime alimentaire habituel.
Les médicaments : Aucun médicament n’est capable de faire maigrir de façon efficace et saine ! Ils sont tous dangereux et mettent la vie des patients en péril.
La gastroplastie chirurgicale (chirurgie bariatrique) : Il s’agit d’une véritable opération chirurgicale nécessitant une anesthésie profonde et une mutilation de l’estomac de façon définitive. Elle fait maigrir mais au prix de grande morbidité et même de mortalité. Elle est responsable d’une incapacité de plusieurs mois.

Le ballon intra-gastrique
Pour lutter efficacement contre ce fléau d’obésité, il existe une autre alternative à la gastroplastie chirurgicale : le ballon intra-gastrique (BIG). Cette solution endoscopique est très efficace, non invasive, amovible pour une durée de six mois et accessible pour son coût matériel ! Le ballon intra-gastrique agit selon trois principes :
l Il occupe les 2/3 du volume gastrique (620 ml), d’où l’impossibilité de manger beaucoup au risque d’activer le réflexe nauséeux.
l Le ballon écarte les parois gastriques ce qui inhibe le centre nerveux de satiété. Tant que le patient porte le ballon, il ne ressent jamais la sensation de faim.
l La présence du ballon ralentit l’évacuation du contenu gastrique (vidange gastrique) ce qui procure une sensation de plénitude permanente.

Objectifs de l’étude

L’étude présentée dans cet article avait pour objectifs de vérifier les effets bénéfiques de la pose du ballon sur la perte du poids et la perte de l’excès du poids (excès de poids = poids actuel – poids idéal) chez les patients obèses ainsi que la baisse de l’IMC. Il était important de mesurer la perte de la masse grasse (en kg) et de la masse maigre (en kg) pendant les six mois du maintien en place du ballon et à un an (après son extraction). L’impédancemétrie numérique permet de calculer l’indice de masse grasse (IMG) en pourcentage du poids du patient (%) ainsi que l’indice de la masse maigre (IMM). L’étude devait également confirmer si le BIG entrainait chez le patient une baisse d’appétit et donc de la consommation énergétique journalière, ainsi qu’une sensation de plénitude permettant de ralentir les pulsions boulimiques. Enfin, l’augmentation des dépenses énergétiques journalières est un autre critère qui contribue au fléchissement de la courbe de poids et à la diminution de la surcharge graisseuse. Derniers aspects observés, l’amélioration de la qualité de vie du patient liée au ballon et la sensation de bien-être grâce au changement de comportement alimentaire. Parmi les objectifs secondaires figuraient l’évaluation de la tolérance et l’efficacité du ballon chez les malades, les effets secondaires (voir encadré effets secondaires) et le risque de rechute après extraction du ballon.

Obésité
Quels indicateurs ?

Par définition, l’obésité est un excès de masse grasse entrainant des conséquences néfastes pour la santé du patient. Elle se caractérise par l’IMC ou l’indice de masse corporelle qui est égal au poids du patient rapporté au carré de sa taille.
Ainsi, selon l’OMS :
IMC < à 18.48 : Maigreur
IMC allant de 18,5 à 24,99 : Normal
IMC de 25 à 31 : Surpoids
IMC > 34 : Obésité morbide

Matériels et méthodes

Schéma général de l’étude
Il s’agit d’une étude observationnelle, rétrospective, mono-centrique, menée sur un échantillonnage de 70 patients (hommes et femmes) en situation d’obésité non morbide, colligés dans un cabinet médical de gastroentérologie à Casablanca après avoir obtenu leur consentement éclairé. Vingt pour cent (20 %) des patients ont été adressés par des médecins spécialistes (rhumatologues, cardiologues et traumatologues) et le reste (80 %) a consulté spontanément pour maigrir. Cette étude s’est étalée sur une période de 10 ans allant de mars 2000 à juin 2010.

Critères d’inclusion
Tout malade obèse âgé de 18 ans et présentant un IMC compris entre 30 et 35 kg/m2. Ni l’âge (de 18 à 60 ans), ni le sexe, ni les caractères socioprofessionnels n’ont constitué des facteurs de sélection au cours de l’étude.

Critères d’exclusion
Ont été exclus tous les patients porteurs d’une hernie hiatale majeure, d’un ulcère gastroduodénal, les femmes enceintes, les malades présentant une pathologie psychiatrique et les enfants (âge < 18 ans).

Les critères de jugement principal
Une perte de poids de plus de 20 % du poids initial, une baisse de l’excès du poids de 35 %, une baisse de l’IMC (- 3,5 kg /m2) et une amélioration de la qualité de vie (baisse de la consommation énergétique) pouvaient être considérés comme un jugement satisfaisant.

Critères de jugement secondaire
La tolérance du ballon et les effets secondaires engendrés par sa mise en place ont été considérés comme critères de jugement secondaire. En cas d’intolérance, le risque de rejet psychologique du ballon par le malade peut conduire au retrait précoce avant six mois.

Déroulement de l’étude

Le jour J1 : Il correspond à la première visite comprenant un interrogatoire très approfondi sur les motivations de la décision de placer le ballon. Sont consignés notamment les antécédents des ascendants, des collatéraux et personnels, la date de constatation de l’obésité et le primum movens : s’agit-il d’impulsions boulimiques, d’un excès de grignotage ou même d’un syndrome dépressif secondaire à un choc émotionnel ou psychologique ?
Un examen clinico-biologique est proposé à la recherche de morbidité associée à l’obésité telle qu’un syndrome métabolique (un diabète, une HTA, une insuffisance respiratoire chronique ou une insuffisance rénale chronique, etc).
Le médecin note les mensurations anthropométriques du patient (tour de l’abdomen, de la poitrine, des hanches, des cuisses et du bras), ainsi que son poids et sa taille et le taux de la masse grasse et de la masse maigre à l’aide de l’impédancemètre.
Le malade doit établir un semainier (notification de toute prise alimentaire journalière pour une durée d’une semaine) qui sera présenté au médecin lors de la prochaine visite.
Une consultation pré-anesthésique est nécessaire avec un ECG pour évaluer les capacités vitales du patient. Il doit signer un protocole de consentement éclairé et d’acceptation de la pose du ballon.
Le jour J8 : Le médecin procède à la lecture du semainier et à l’admission du patient en clinique en ambulatoire. Le ballon est posé par voie endoscopique, sous anesthésie générale avec intubation, après vérification du tube digestif à la recherche d’une contre-indication (ulcère gastroduodénal, hernie hiatale, etc). Selon le type de ballon, il est gonflé soit avec du sérum physiologique teinté de bleu de méthylène soit avec de l’air (600 ml).
Le jour J9 : Le patient sort de la clinique avec des conseils hygiéno-diététiques et un traitement symptomatique (douleurs gastriques éventuelles, nausées ou vomissements incoercibles).
Le jour J16 : Il est dédié à une visite de contrôle de l’état clinique du patient et de la bonne place du ballon. Le médecin pratique une échographie et une radiographie de l’abdomen centrée sur l’épigastre pour visualiser l’image du ballon. Il note le poids et les mensurations du patient.
Cette visite de contrôle est répétée de manière périodique à la recherche de l’efficacité du ballon et des effets secondaires qui risquent de survenir durant la période de six mois.
Suivi périodique : Le suivi est ensuite organisé autour d’un contrôle clinique réalisé par le gastroentérologue tous les 2 mois et d’une échographie et d’une radiographie de l’abdomen à 15 jours et à 5 mois pour vérifier la position du ballon.
Le patient bénéficie d’une consultation nutritionnelle au minimum mensuelle permettant de suivre le changement du comportement alimentaire qui est essentiel au résultat.
Une consultation avec un psychologue autour d’entretiens approfondis est organisée avec pour objectifs de rechercher des signes cliniques annonciateurs d’un trouble tel qu’un syndrome dépressif ou un rejet psychologique du ballon. La participation à un groupe de paroles est très souhaitable.
A six mois, le patient est convoqué pour un contrôle clinique et retrait du ballon par voie endoscopique sous anesthésie générale et intubation. Il sort le jour même avec un traitement symptomatique.
Le patient est revu au rythme d’une fois par mois pendant six mois après le retrait du ballon afin de consolider le résultat obtenu et d’éviter une rechute avec un retour au poids initial.

Analyse statistique

Les résultats de l’étude sont exprimés comme principal ± les déviations standards. La comparaison entre les groupes a été suivie en utilisant une voie de variance et le CHI 2 test comme approprié. La signification statistique était p< 0,05.

Résultats de l’étude

L’étude rétrospective a concerné 70 patients chez qui il a été placé un ballon selon le protocole précité.
Deux types de ballons (fig.1) ont été posés pour une durée de 6 mois : le ballon (BIB) Bioentéric (25 patients), rempli de 600 ml de sérum physiologique stérile auxquels sont ajoutés quelques millilitres de bleu de méthylène, et le ballon Héliosphère (45 patients) gonflé avec 600 ml d’air.
Neuf malades, soit 11,4 %, ont gardé le ballon au delà de six mois (8 à 10 mois).
Le sex ratio était de 53 femmes (75,7 %) pour 17 hommes (24,3 %) et l’âge moyen de 32,5 ans (de 18 à 50 ans).
La perte de poids et la baisse de l’IMC étaient les critères principaux de jugement de l’étude. Le poids initial des malades variait de 92 kg à 127 kg, avec un poids moyen de 96 kg et l’IMC moyen était de 34,4 ± 0,8 kg/m2 (32,1 kg/m2 à 41,0 kg/m2).
l 1 mois après la pose du ballon, la perte de poids a été de 4,3 kg ± 3,2 kg, et la baisse de l’IMC = 1,70 kg/m2 ± 1,2 kg m2.
l 3 mois après la pose, la perte de poids était plus importante, soit 8,6 kg ± 5,2 kg et la baisse de l’IMC était de 2,85 kg/m2 ± 2,5.
l Enfin, après 6 mois la perte de poids moyenne a été de 13 kg ± 7,5 et la baisse de l’IMC de 4,5 kg /m2 ± 2,5.
La masse grasse initiale avant la pose était de 45,8 kg ± 5,8. A 6 mois, elle avait diminué pour passer à 34,7 ± 7,2 kg.
Une faible perte de la masse maigre a été enregistrée : elle est passée de 44,6 kg ± 5,7 à 41,7 kg ± 4,7. Ceci est lié au régime diététique riche en apport protéique et hypocalorique.
La pose du ballon intra-gastrique a entraîné une diminution significative de l’apport alimentaire à 3 mois et à 6 mois.
Le ballon Bioenteric intragastrique et le ballon Héliosphère ont eu la même efficacité sur la perte de poids, sur la baisse de l’IMC et sur la perte d’excès de poids après 6 mois.
Après l'extraction du ballon, un grand nombre de patients (33) ne se sont pas présentés aux consultations de suivi pour des raisons indéterminées.
Il faut noter que six mois après le retrait du ballon, il a été observé un maintien de l’effet du dispositif sur la diminution du poids, de l’indice de masse corporelle et de la prise alimentaire. Un effet signalé dans des études de M. Potier, G. Airinei, A. Pernot (1) et J.Hervé (2). C’est ainsi que la perte de poids moyenne a été de 9,6 ± 3,1kg, et la perte d'IMC de 2,5±1,7kg/m2.
Les effets secondaires qui ont été dénombrés étaient d’importance moyenne. Dans l’ensemble, la tolérance du ballon a été relativement bonne. Aucune complication grave pouvant mettre le pronostic vital du malade en jeu (pas de mortalité) n’a été notée.
Parmi les effets secondaires recensés, les nausées et les vomissements ont été immédiats chez 44 patients durant les 8 premiers jours. Chez 23 patients, ils ont persisté durant la durée totale de l'implantation. Les vomissements répétés s’accompagnent d’une hypokaliémie, d’où la nécessité de la rechercher et de la corriger chez ces patients vomisseurs (5 % des patients vomisseurs ont reçu une correction médicamenteuse).
Les douleurs abdominales en général ont disparu après le 1er mois. Elles ont été calmées par des antispasmodiques classiques. Les reflux gastro-œsophagien, surtout nocturne, a été signalé chez 32 patients (45,7 %) durant toute la période de pose du ballon.
En ce qui concerne les lésions oeso-gastriques, 20 patients, soit 28,5 %, présentaient lors du contrôle endoscopique (lors du retrait) des lésions inflammatoires de l’œsophage de type œsophagite aigüe associée à une gastrite superficielle. Lors du retrait du ballon, quatre ballons étaient dégonflés (5,7 %) chez les malades qui avaient dépassé les 6 mois réglementaires. Ils ont été retirés sans difficultés par voie haute. Un seul cas de ballon éliminé par voie basse a été enregistré chez un malade qui l’avait gardé 10 mois. Il n’a pas été signalé d’occlusion intestinale par obstruction provoquée par un ballon dégonflé et qui aurait nécessité une intervention chirurgicale abdominale comme cela été rapporté dans une publication de WY.KIM (3). Le retrait précoce a concerné 2 patientes intolérantes au ballon (à 15 jours et un mois).

Discussion

Au cours de cette étude rétrospective, nous avons évalué l’efficacité du ballon intra-gastrique comme une méthode thérapeutique de l’obésité et la tolérance de ce ballon durant 6 mois. Puis, nous avons suivi ces malades six mois après l’extraction du ballon afin de voir si les effets bénéfiques du ballon se prolongeaient.

Efficacité thérapeutique du ballon
La perte de poids durant les six mois a été de 13 kg en moyenne. Cette perte est dans les normes des autres études. Ainsi, une étude franco-belge multicentrique (4) concernant 12 centres a rapporté une perte moyenne du poids de 10 ± 1,5 kg. La baisse moyenne d'IMC était de 3,7 ± 0,6 kg/m2. D’autres études rapportent également des résultats similaires (5), en particulier Mr Roman S. et Napoléon B (6).
La baisse de l’IMC a été de – 4,5 kg /m2 après six mois, en rapport avec la perte du poids. Cette baisse de l’IMC est d’ordre moyen car elle se situe dans les mêmes baisses que la plupart des études (11).
La baisse du taux de la masse grasse a été significative, traduisant une chute pondérale soulignant l’efficacité du ballon(12).
Grâce à un suivi et de bonnes directives diététiques, le taux de la masse maigre a été maintenu avec une perte seulement de 4,1 kg durant les six mois. Et c’est ce résultat concernant la perte réduite de la masse maigre qui va stabiliser le poids du patient après extraction du ballon, évitant ainsi la reprise du poids initiale avant la pose du BIB.
Toutefois, six mois après le retrait du ballon, certains malades disparaissent. La notion de perte de vue des malades est très fréquente chez des patients qui se sentent soulagés et refusent d’être pris en charge. Mais la majorité des patients ont été suivis durant six mois.

Conclusion

Le ballon intra-gastrique comme moyen thérapeutique et comme alternative à la gastroplastie chirurgicale est une méthode efficace et non invasive avec très peu d’effets secondaires. Cependant, certaines réserves sont à émettre car certains patients ne veulent pas changer leur mode de comportement alimentaire ce qui exige de la part du médecin une prise en charge psychologique et diététique durant toute la période de la mise en place du ballon. Le suivi après extraction du ballon s’avère très important pour consolider les résultats obtenus et éviter une rechute du poids.
Par ailleurs, le ballon peut être considéré comme un tuteur pour réduire le poids des patients obèses morbides en vue ultérieure d’une gastroplastie chirurgicale. En effet, il va permettre dans ce cas d’obtenir une réduction de poids en amont évitant ainsi le risque de complications anesthésiques et offrant un confort certain au chirurgien lors de l’intervention chirurgicale de gastroplastie.

Ballon intra-gastrique
Quels effets secondaires ?

La présence d’un corps étranger comme le ballon intra-gastrique dans l’estomac peut déclencher un phénomène de rejet qui va se manifester par des douleurs abdominales plus ou moins aigües, des nausées et des vomissements répétitifs dès que le patient dépassera une certaine quantité de nourriture absorbée. Peuvent s’ajouter des douleurs musculaires à type de crampe en rapport avec une hypokaliémie du fait des vomissements.
Parmi les autres effets secondaires figure le risque de perforation du ballon qui s’accompagne du rejet d’urine bleue en cas de ballon rempli de liquide. Une fois dégonflé, le ballon peut migrer à travers le pylore et sortir par les voies naturelles. Mais, dans des cas très rares, il peut créer une obstruction intestinale nécessitant une intervention chirurgicale pour retirer le ballon. Ce risque a été rapporté par certains auteurs comme M. Impérato et al. (13) et J. Cohen, E. Chahine (14).
A noter également la possibilité d’un rejet psychologique qui se traduit par la sensation d’étouffement et d’oppression thoracique donnant l’impression de mort imminente au patient. Le retrait précoce du ballon est alors préconisé.

Références bibliographiques

1- Persistance de l’effet d’un ballon intra-gastrique chez des sujets obèses morbides 6 et 12 mois après son ablation - Doi : 10.1016/S0399-8320(09)72714-9. M. Potier, G. Airinei, A. Pernot, J.L. Fournier, R. Cohen, D. Sfedj, A. Baglieri, J.J. Raynaud, B. Bejou, C. Bon, R. Benamouzig.
2- What becomes of patients one year after the intragastric balloon has been removed ? J Herve, CH Wahlen et col. Obesity Surgery 2005, 15 : 864-870.
3- Kim WY, Kirkpatrick UJ, Moody AP, Wake PN. Large bowel impaction by the BioEnterics Intragastric Balloon (BIB) necessitating surgical intervention. Ann R Coll Surg Engl 2000 ; 82 : 202-4.
4- Étude de l’efficacité du ballon gastrique sur la perte de poids avec une prise en charge pluridisciplinaire - Doi : NUTCLI-11-2008-22-S1-0985-0562-101019-200810831. V Costil [1] [1] Gastroentérologie, Centre des médecins spécialistes de la Défense, Paris la Défense, France.
5- Ballon intra-gastrique et obésité : résultats d'une étude prospective multicentrique franco-belge avec le ballon Heliosphère F Mion, P Renkes, B Coffin, M Van Calck, S Beorchia, H Claudez, J Escourrou, A Laquière, PA Dalbiès, P Bulois, M Hagiage, S Muron Endoscopy 2010 ; 42 - A20 .DOI : 10.1055/s-0030-1250794.
6- Roman S, Napoleon B, Mion F, Bory RM, Guyot P, D’Orazio H, et al. Intragastric balloon for "non-morbid" obesity : a retrospective evaluation of tolerance and efficacy. Obes Surg 2004 ; 14 : 539-44.
7- Genco A, Bruni T, Doldi SB, Forestieri P, Marino M, Busetto L, et al. BioEnterics Intragastric Balloon : The Italian Experience with 515 Patients. Obes Surg 2005 ; 15 : 1161-4.
8- Sallet JA, Marchesini JB, Paiva DS, Komoto K, Pizani CE, Ribeiro ML, et al. Brazilian multicenter study of the intragastric balloon. Obes Surg 2004 ; 14 : 991-8. 15.
9- Loffredo A, Cappuccio M, De Luca M, de Werra C, Galloro G, Naddeo M, et al. Three years experience with the new intragastric balloon, and a preoperative test for success with restrictive surgery. Obes Surg 2001 ; 11 : 330-3.
10- Evans JD, Scott MH. Intragastric balloon in the treatment of patients with morbid obesity. Br J Surg 2001 ; 88 : 1245-8.
11- Intragastric balloon therapy in the management of obesity : why the bad wrap ? Evans JT, DeLegge MH. JPEN J Parenter Enteral Nutr. 2011 Jan ; 35(1) : 25-31. Doi : 10.1177/0148607110374476.
12- Spyropoulos C, Katsakoulis E, Mead N, Vagenas K, Kalfarentzos F. Intragastric balloon for high-risk super-obese patients : a prospective analysis of efficacy. Surg Obes Relat Dis 2007 ; 3 : 78-83.
13- Occlusion jéjunale après migration d’un ballon intragastrique M. Impérato, J. Jarry, O. Cantin, V. N’Guyen, P. Michel : obes. December 2011, Volume 6, Issue 4, pp 259-262.
14- Occlusion du grêle par migration d’un ballon intragastrique : à propos de deux cas. J. Cohen, E. Chahine, S. Kamoun Zana, C. -C. Moller, S. Jarboui, E. Chouillard. Obes.September 2011, Volume 6, Issue 3, pp 142-145.

Dans la même rubrique

Chute chez le sujet âgé

Chute chez le sujet âgé

Situation fréquente et souvent lourde de conséquences

Véritable problème de santé publique, les chutes des personnes âgées ont trop lon...

Lire la suite

Toxine botulique en neurologie 

Toxine botulique en neurologie 

Un traitement d’une grande utilité

La toxine botulique est le traitement de première intention des dystonies focales toute...

Lire la suite

Syndrome d’apnée obstructive du sommeil

Syndrome d’apnée obstructive du sommeil

un enjeu de santé Publique 

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 100 millions d’adultes souffrent de d’apnées du so...

Lire la suite

L’entreprise médicale

L’entreprise médicale

« Servir ou disparaitre »

Gérer un cabinet avec des équipes, des collaborateurs, exercer son métier et fidéliser ses patients, voilà qu...

Lire la suite

2008/2017

2008/2017

Une actualité riche en événements

Depuis le mois de juillet 2008, date de la publication du premier numéro de Doctinews, le secteur de la ...

Lire la suite

Infections sexuellement transmissibles

Infections sexuellement transmissibles

Une cause majeure d’altération de la fertilité

Indépendamment des causes génétiques ou constitutionne...

Lire la suite

Copyright © 2017 Doctinews.

All rights reserved.