Contrefaçon

les médicaments contrefaits peuvent nuire à la santé

Chaque année depuis 2008 Interpol, l’Organisation mondiale des douanes (OMD), le Permanent Forum on International Pharmaceutical Crime (PFIPC) et le Head of Medecine Agencies Working Group of Enforcement Officers (HMA/WGEO), appuyés par les industriels du médicament, coordonnent l’opération internationale PANGEA.

 

Doctinews N°103 octobre 2017

ISMAIL BERRADA

Directeur de publication et de la rédaction


Il s’agit de la plus vaste opération menée contre les réseaux de vente illicite de médicaments et de produits de santé. Cette année, entre le 12 et le 19 septembre derniers, la dixième opération de ce nom (PANGEA X) a connu la participation de 123 pays alors qu’ils n’étaient que 10 en 2008. 197 autorités de police, des douanes et de la règlementation de la santé ont uni leurs efforts, ce qui a permis la saisie de 25 millions de médicaments illicites et contrefaits dans le monde entier ainsi que des dispositifs médicaux (appareils dentaires, préservatifs, équipements chirurgicaux…).

Rien que ça ! Ce commerce parallèle représente bien entendu un manque à gagner conséquent pour les industriels et les distributeurs du secteur. Le montant des saisies pour l’opération PANGEA X est estimé à quelque 51 millions de dollars. Mais il représente aussi et surtout un véritable danger pour la santé des citoyens. Car les médicaments contrefaits peuvent nuire à la santé ou bien ne pas soigner. Pour donner un ordre d’idée, les faux antituberculeux et antipaludiques seraient à l’origine de 700 000 décès annuels dans le monde chaque année selon le groupe de réflexion britannique International Policy Network.

En fait, ce commerce a connu une véritable expansion en l’espace de 10 ans essentiellement grâce à Internet. Selon l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRCAM), « les trafiquants ont trouvé dans le web la possibilité d’écouler à grande échelle, directement auprès des patients, leurs marchandises falsifiées hors de toutes filières de distribution sécurisées ».

Et si aucun pays n’est épargné, pas même les pays dits « développés », il n’en reste pas moins que les pays dits « en développement » sont des cibles privilégiées : cherté des médicaments, pénurie d’approvisionnement, moyens de contrôles aléatoires, corruption… tous les ingrédients sont réunis pour convaincre une population en mal d’informations et de soins ! Il faut donc intensifier la lutte contre les trafiquants, certes, mais il faut aussi améliorer l’accès aux soins et aux médicaments à toutes les populations. Il n’est pas acceptable qu’en 2017 des personnes meurent à cause d’un antipaludéen ou d’un antituberculeux contrefait !a

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