GFAOP

GFAOP 08 mars 2018

Améliorer la prise en charge des patients en phase palliative

Le Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique a, depuis les années 2000, contribué à mettre en place et à soutenir en Afrique francophone une activité d’oncologie pédiatrique. Il a notamment participé et organisé des formations pour les soignants et des envois de médicaments et mis en place des protocoles thérapeutique multicentriques adaptés au contexte africain.

 

Doctinews N°107 Février  2017

Pr Laila Hessissen

 Secrétaire générale du Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique


L
es actions du Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique (GFAOP) ont contribué à une amélioration du pronostic du cancer chez les enfants dont certains sont guéris. Cependant, le taux de guérison reste inferieur à celui rapporté par les équipes occidentales. Avant que les enfants africains ne bénéficient de progrès thérapeutiques significatifs, pour beaucoup d’entre eux, une option « palliative » reste la seule option réaliste.

Une formation dédiée aux soins palliatifs

Tenant compte de cette réalité, le GFAOP a mis en place un programme de formation en soins palliatifs au profit des soignants en oncologie pédiatrique de l’Afrique francophone. Ce programme intitulé « Integrating Palliative Care in the GFAOP Pediatric Oncology Approach … and Beyond ? » est une réponse à un appel à projet de la Fondation Sanofi Espoir dans le cadre de son programme MY CHILD MATTERS. Cette connotation palliative, avec son corollaire de prise en charge accrue des symptômes, semble être l’un des moyens de consolider le fonctionnement de ces équipes, engagées dans une dynamique endogène de guérison. Par ailleurs, il semble évident que l'intégration d'une dimension de soins palliatifs, qui va au-delà des aspects purement médicaux de la maladie et s’ouvre explicitement sur la société civile, améliorera la qualité globale des soins et encouragera les autorités sanitaires à en consolider l’organisation. Le choix de l’axe hospitalier est basé sur le caractère symbolique de la cancérologie pédiatrique et la diffusion des compétences à partir de ce modèle. La formation s’adresse à toutes les unités d’oncologie pédiatriques membres du réseau GFAOP (soit 18 au moment où le projet a été lancé). Ces dernières désignent une équipe pluri-professionnelle porteuse d’un projet destiné, en 2 ans, à améliorer les pratiques dans le domaine de la douleur et/ou des soins palliatifs et qui se porte garante de sa mise en œuvre, de son évaluation et de sa pérennisation.

Une participation marocaine remarquée

Après 2 sessions qui ont eu lieu à Dakar du 20 au 24 février (21 stagiaires) et à Abidjan du 27 au 31 mars (19 stagiaires), la 3e session s’est déroulée à Rabat du 11 au 15 septembre derniers, en partenariat avec la Fondation Lalla Salma-Prévention et Traitement du Cancer. Cette dernière session a réuni 25 stagiaires provenant de 4 pays (Algérie, Maroc, Mauritanie et Tunisie), soit 12 médecins, 11 infirmiers et 2 psychologues. 15 des participants étaient Marocains. Cette disproportion peut s’expliquer par le nombre élevé d’unités d’oncologie pédiatrique au Maroc, en rapport avec sa position éminente dans le consortium GFAOP, mais aussi à l’ouverture du groupe aux équipes de soins palliatifs nouvellement opérationnelles dans le pays. Elle s’explique aussi par le fait que le Maroc a mis en place un plan national pour améliorer l’accès aux soins palliatifs des patients atteints de cancer qui a permis le démarrage des activités d’équipes de soins palliatifs dans les principaux CHU du Royaume et dans certaines grandes villes. Les équipes participantes ont adhéré pleinement à la formation avec une fluidité et une richesse des échanges qui ont eu un impact positif sur l’évolution des projets portés par les stagiaires. Il est à noter que les interventions des enseignants marocains ont été très appréciées par les participants. En Afrique Subsaharienne, les projets étaient majoritairement axés sur la douleur dont la prise en charge est entravée par le manque de moyens, notamment le manque de disponibilité de la morphine.

De nombreux intervenants

La prise en charge de la douleur a été ainsi le thème central de la plupart des projets, mais dans une perspective de structuration, pour améliorer l’utilisation et l’accessibilité notamment hors hôpital des antalgiques majeurs. Un premier pas vers une réflexion plus opérationnelle et coopérative de l’offre de soins palliatifs a été donc menée. La réussite de cet événement a été rendue possible grâce à l’excellente organisation sur place, supervisée par le Pr Laila Hessissen avec l’aide logistique de la Fondation Lalla Salma. L’ouverture officielle a été marquée par la présence de M. Abdelkader Errougani, directeur du CHU Ibn Sina, le Dr Mhamed Harif, président du GFAOP, Mme El Khansa Mehdaoui, représentante du ministère de la Santé (Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies DELM), Mme Linda El Alami, représentante du CHU Ibn Sina, Mme Imane El Haouachim, représentante de la Fondation Lalla Salma (chef de projet soins palliatifs) et le Pr Mohammed Khattab, chef du service d’hémato-oncologie pédiatrique de Rabat. La formation s’est déroulée en présence également de Mme Anne Gagnepain-Lacheteau, directrice médicale de la Fondation Sanofi Espoir, que le GFAOP a tenu à remercier pour son soutien inconditionnel à ce projet. Les membres du GFAOP ont aussi remercié l’association L’Avenir et M Jaouad Belahcen, directeur du Centre national d’oncologie et toute son équipe. Un point presse a par ailleurs été organisé en marge de cet événement et a été relayé par les chaines nationales de TV. Pour le GFAOP, l’engagement des différents intervenants dans ce projet est le garant de l’essor d‘un processus déjà en place, où il est surtout question d’amélioration de la qualité globale de soins.

 

Trois questions au Pr Laila Hessissen

secrétaire générale du Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique

Quel bilan faites-vous de l’introduction des soins palliatifs dans les établissements de soins au Maroc ?

Actuellement, dans les standards internationaux, les soins palliatifs doivent être envisagés et organisés dès la première admission du patient. Dans ce domaine et concernant les adultes, le plan national pour les soins palliatifs oncologiques a permis de mettre en place des équipes compétentes et très efficaces, notamment à Casablanca. Les autres villes suivent le rythme et s’organisent peu à peu avec un élément important : les équipes déjà en place soutiennent les autres en matière de formation. Concernant l’enfant, nous sommes tous sensibilisés au sujet. Nous prenons tous en charge au niveau des centres d’oncologie pédiatrique des enfants en phase palliative. Toutefois, les soins ne sont pas bien structurés et nous avons impérativement besoin de développer des soins de proximité.

Comment comptez-vous procéder pour améliorer davantage les soins palliatifs dans les unités d’oncologie pédiatrique ?

Il est important de mettre en place les moyens humains et matériels nécessaires et des protocoles et procédures spécifiques. Il faut aussi développer et structurer notre réseau de soins pour améliorer la communication avec les centres périphériques et coopérer avec les associations de parents et d’aide telles qu’Avenir et Agir pour les encourager à soutenir les familles sur le plan financier et social. L’amélioration des soins palliatifs dans les unités d’oncologie pédiatrique passe aussi par le renforcement de la coopération avec les organismes nationaux et internationaux, notamment la Fondation Lalla Salma et la Fondation Sanofi Espoir, pour mettre en place un programme de formation.

Avez-vous fixé des objectifs chiffrés à vos actions ?

Sur le plan marocain et africain, l’objectif d’ici 2019 est que les équipes de soins palliatifs de tous les réseaux du GFAOP, dont les 5 services du Maroc, soient opérationnelles, sachant qu’actuellement aucun centre n’a une activité structurée dans ce domaine.

Dans la même rubrique

Association Marocaine de Lutte contre la Rage

Association Marocaine de Lutte contre la Rage

Eliminer la rage humaine au Maroc

Fondée en 2015, l’Association marocaine de lutte contre la rage (AMLR) s’est fixée comme principal obj...

Lire la suite

Relation médecin-malade

Relation médecin-malade

 Comment gérer les conflits

Pour assurer une prestation de soins de qualité, les médecins savent que leur objectif premier doit être de s...

Lire la suite

AMTC

AMTC

 La greffe cardiaque sauve des vies

Créée en 2016, l’Association marocaine de transplantation cardiaque (AMTC) est une association à but...

Lire la suite

Parcours de soins coordonnés

Parcours de soins coordonnés

Principal outil de régulation du système de soins

Les soins de santé de base (SSB) nécessitent une philosophie et une approche propres pou...

Lire la suite

GFAOP

GFAOP

Améliorer la prise en charge des patients en phase palliative

Le Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique a, depuis les années 2000...

Lire la suite

Dossier Pharmaceutique

Dossier Pharmaceutique

Pourquoi pas un jour au Maroc…

Le Dossier Pharmaceutique (DP) est un outil professionnel dématérialisé qui permet à l’ensemble des pha...

Lire la suite

Copyright © 2018 Doctinews.

All rights reserved.