Soins palliatifs

Soins palliatifs 12 avril 2017

Une responsabilité du médecin 

Le médecin doit accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage.

Doctinews N°98 Avril 2017

En réponse à la demande des confrères, Doctinews va dédier une page régulière au droit à la santé. Cette initiative se veut aussi un espace d’échange ouvert aux confrères pour poser des questions ou proposer des thèmes. 

Par le Pr Amal Bourquia

Professeur de néphrologie, diplômé en éthique de la santé, droits de l’homme et morales, membre de l’observatoire mondial de l’éthique (UNESCO)

L
es soins palliatifs médicalisés, en milieu hospitalier ou à domicile, et l'accompagnement des mourants constituent un droit humain et un devoir des soignants. Cependant, l'acharnement thérapeutique par des soins inutiles et pénibles est rejeté. Les soins palliatifs médicalisés sont définis comme des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. Quand les diverses thérapeutiques possibles à visée curative sont devenues incapables d'obtenir la guérison, ces soins visent à diminuer ou à supprimer les symptômes d'une maladie. L'objectif des soins palliatifs est donc de donner au patient, en phase terminale, le maximum de confort, physique et psychique.

Accompagnement de l'agonie

L'accompagnement de l'agonie est l'ultime responsabilité du médecin. Un médecin ne peut abandonner son patient lorsque tout espoir de guérison disparaît. Le médecin doit poursuivre sa mission auprès du patient et de sa famille. Dans ces situations, il aura à identifier les besoins corporels, psychiques et sociaux et, surtout, il devrait prendre en compte la douleur et la souffrance du patient.

Respect de la volonté

Dans les situations ou un traitement s'impose, soit pour prolonger la vie, soit pour améliorer la qualité de la vie, le médecin doit respecter la volonté de la personne malade, mais observer ce principe ne le dégage pas de sa responsabilité. Elucider la demande et évaluer les besoins fondamentaux du patient exige du thérapeute une recherche particulière qui pourra le conduire à privilégier les soins palliatifs par rapport aux soins curatifs, et à proposer les différentes options qui peuvent le mieux correspondre aux impératifs du patient.

La réflexion éthique

A ce stade de la fin de la vie, le médecin ne peut que permettre un véritable choix au patient, d’abord par une information complète dans le respect de sa volonté, ou en tenant compte de celle qu'il a pu antérieurement exprimer notamment dans des directives anticipées. Le patient a le droit de savoir que sa mort approche et le droit de ne pas le savoir. Nombreux sont les patients qui n'osent pas formuler leur angoisse de mort et ils l’expriment à travers leurs douleurs, la perte de leurs forces physiques, de leur intérêt pour la vie. Certains patients veulent ignorer la gravité de leur maladie, parfois encouragés par leur entourage. Le médecin ne peut les agresser en annonçant une mort prochaine, mais ne doit-il pas les aider, avec délicatesse et compassion, à en prendre conscience ?
Il est nécessaire d'accompagner ainsi la personne malade dans sa réflexion. Le respect du malade en tant que personne humaine nécessite de lui consacrer le temps et l'attention dont il a besoin pour parler librement de ce qu'il vit, à savoir la fin de sa vie.
En établissant une relation de qualité avec le patient, le médecin évite au patient d'être enfermé dans le silence. Le médecin respectueux de la personne en fin de vie a l'obligation du secret médical. Il aura à déterminer, avec l'accord du patient et selon son degré de conscience, quelle sera l'information à donner, ou à ne pas donner à la famille ou au tiers désigné par le patient.

Soutien aux familles

Le médecin devra aussi apporter son soutien aux familles. En effet, ces familles se trouvent souvent désorientées et désespérées, d'autant plus qu'elles manquent d'information et se retrouvent abandonnées à leur propre angoisse. Elles souffrent souvent par le manque d'empathie des soignants. C'est au médecin de les informer, de les aider et de les accompagner vers ce deuil.

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