Questions éthiques en gériatrie

Questions éthiques en gériatrie 25 juillet 2018

Aspects éthiques de la décision

La vulnérabilité qui accompagne les personnes âgées est un concept gériatrique récent suggérant un état d’instabilité avec risque de perte fonctionnelle et l’impossibilité de répondre de façon adaptée à un stress, qu’il soit médical, psychologique ou social.

 

 

dans une société avec un spectre du vieillissement grandissant et un nombre de plus en plus important de personnes âgées et porteuses de problématiques complexes, le questionnement éthique est permanent au sein de la pratique médicale. L'éthique médicale désigne les règles auxquelles les professionnels de santé sont soumis dans leur pratique quotidienne. Elle implique les règles de déontologie, les règles éthiques scientifiques et la morale propre à chacun. Elle doit permettre un accès aux soins pour tous dans des conditions optimales de prise en charge médicale et sans discrimination aucune. Plusieurs questions se posent face aux patients âgés : l Quels sont les acteurs concernés : engagés par la décision des soins en gériatrie ? l Que sait-on des attentes des patients ? l Quelles sont les difficultés rencontrées pour communiquer l’information ? l Quels remèdes peut-on tenter d’y apporter ?

Transformer la réflexion éthique en attitude éthique

Dans la dispensation de soins aux personnes âgées, les questions éthiques touchent de nombreux domaines tels que le consentement, la liberté, la sexualité, la religion… Le médecin doit concilier les choix de la personne âgée, les demandes/exigences de sa famille, les contraintes pratiques tout en conservant une volonté de réflexion autour de l’éthique. Il est confronté à l’immense difficulté de gérer cette problématique du point de vue psychologique tant pour le patient que pour sa famille, sans négliger la liberté du patient qui est une règle éthique à respecter. Ainsi, la maladie grave ou invalidante confronte le patient à une réalité incontournable, celle de sa propre mortalité, et l’annonce de l’arrêt d’un traitement provoque un effet traumatique chez le patient et/ou ses proches en signant l’aggravation de la maladie et la mort inéluctable.

La relation médecin-patient

Les médecins se doivent de tout dire à leurs patients. Il est important de tenir compte que l’annonce d’un mauvais pronostic de façon brutale risque de provoquer un traumatisme, une sidération mentale, voire une mort psychique. Pour que le processus décisionnel puisse prétendre au label éthique, il faut qu’il soit participatif, collégial et interdisciplinaire. A ce stade, la relation médecin-patient prend toute sa valeur et s’inscrit dans une démarche éthique qui englobe le choix du moment de l’annonce, la compétence à présenter le dossier et un double questionnement : Qui représente la personne ? Qui influence les orientations thérapeutiques et les décisions ? « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé ». Le patient use de son droit de refus ou de consentement aux propositions qui lui sont faites : c’est le respect de la liberté du malade. Le respect de ce principe dans la relation de soins implique pour le soignant le respect d’autrui et de sa dignité et la reconnaissance de sa personne.

Principe de « non-malfaisance »

Dans le cadre du respect du principe de non-malfaisance, « Primum non nocere », le professionnel de santé doit s’assurer que son action n’a pas d’effets nocifs ou préjudiciables et adapter les traitements à l’âge physiologique du patient. L’objectif principal des médecins gériatres est d’améliorer la qualité de vie lorsque la maladie ne peut être guérie. En pratique et dans ces conditions, le praticien doit essayer de répondre aux questions suivantes pour s’approcher au mieux de la réflexion éthique : l Suis-je compétent pour l’action à entreprendre ? l Ai-je la possibilité d’éviter ou de corriger un effet nocif de la maladie ou de mon action ? l Mon action sera-t-elle efficace et bénéfique ? l Qui jugera du bénéfice ? Le patient ou les soignants ? l Existe-t-il un risque de paternalisme : vouloir le bien d’autrui à sa place ?

 

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