Quinolones et Fluoroquinolones

Quinolones et Fluoroquinolones 20 février 2019

Nouvelles recommandations

Les quinolones et les fluoroquinolones sont des antibiotiques utilisés pour le traitement de diverses infections bactériennes. L’évaluation continue de leur profil de sécurité avait amené des autorités réglementaires internationales (FDA, EMA, ANSM…) à informer les professionnels de santé sur certains risques graves liés à leur utilisation ainsi qu’à restreindre leurs indications. Le CAPM souhaite informer les professionnels de santé sur ces risques et sur les nouvelles recommandations pour la minimisation de ces risques.

 

Anévrisme et dissection aortique

Des données provenant d'études épidémiologiques et d’études non cliniques indiquent une augmentation du risque de survenue d'anévrisme et de dissections aortiques après traitement par des fluoroquinolones -risque environ 2 fois plus élevé en comparaison avec les patients ne prenant pas d’antibiotiques ou prenant d'autres antibiotiques (amoxicilline)-. De ce fait, chez les patients présentant un risque de survenue d'anévrisme et de dissection aortique, les quinolones et les fluoroquinolones ne doivent être utilisées qu'après une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque et après prise en compte des alternatives thérapeutiques. Aussi, les patients doivent être informés de ce risque. Ils doivent être avertis de la nécessité d’une prise en charge immédiate par un médecin au sein d’un service d’urgence en cas d’apparition brutale d’une douleur intense abdominale, thoracique ou dorsale.

Effets indésirables durables, handicapants et potentiellement irréversibles

Les évaluations du profil de sécurité des quinolones et des fluoroquinolones menées au niveau international ont conclu à l’existence d’un risque d’effets indésirables durables, graves, handicapants et potentiellement irréversibles touchant principalement les muscles, les articulations et le système nerveux. A cet effet, il est recommandé aux professionnels de santé de prévenir leurs patients qu’ils doivent arrêter leur traitement et consulter leur médecin dès l’apparition de symptômes au niveau des muscles, des articulations et du système nerveux (douleur ou inflammation au tendon, symptômes de neuropathie tels que douleur, brûlures, picotements, engourdissements ou faiblesse…), afin de prévenir leur évolution vers des cas potentiellement irréversibles. Une restriction des indications, afin que les quinolones et les fluoroquinolones soient réservées aux infections pour lesquelles l’utilisation d’un antibiotique est indispensable et où d’autres antibiotiques ne peuvent pas être utilisés, a été également décidée au niveau international (FDA, EMA).

Au niveau national

Le CAPM a reçu 415 cas d’effets indésirables sous les quinolones et les fluoroquinolones dont 29 % étaient jugés graves (données du 31 décembre 2018). Les effets les plus fréquemment rapportés ont été les atteintes cutanées (26,5 % des cas), les troubles gastro-intestinaux (23,1 %) et les troubles du système nerveux (10,4 %). Les atteintes musculosquelettiques ont concerné 6,5 % des cas. Par ailleurs, et suite aux recommandations de la Commission nationale de Pharmacovigilance, des lettres d’information ont été envoyées au mois de décembre dernier aux médecins et aux pharmaciens pour les informer du risque d’anévrisme sous les quinolones et les fluoroquinolones et de l’importance du respect des conditions de prescription et de délivrance de ces médicaments.

Le CAPM recommande et rappelle aux professionnels de santé de :

l Ne prescrire les quinolones et les fluoroquinolones que si elles sont indispensables et que d’autres antibiotiques ne peuvent pas être utilisés, l Rechercher toujours les facteurs de risque de leurs effets indésirables graves (tel que le risque d’anévrisme ou de rupture tendineuse), l Ne les prescrire qu'après une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque, l Informer le patient sur ces risques et leurs signes évocateurs ainsi que sur la conduite à tenir (sensibilisation au moment de la prescription et de la dispensation), l Ne les dispenser que sur ordonnance. Le respect de ces règles permettrait également de prévenir la résistance à ces antibiotiques puisqu’elles contribueront à la lutte contre leur prescription abusive et contre l’automédication.

La liste des substances actives concernées au Maroc est la suivante :

Ciprofloxacine, lévofloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, gemifloxacine, gatifloxacine, ofloxacine et fluméquine.

 

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