LA VIEILLESSE DE NOS PARENTS EST UNE ÉPREUVE

À NOUS, LEURS ENFANTS, DE L’ADOUCIR

La vieillesse des parents ne surgit pas par surprise. Elle s’installe peu à peu, apportant avec elle son cortège de pertes physiques, humaines, de mémoire et d’autonomie. Le geste le plus simple leur demande un effort de plus en plus croissant. Leur corps, si agile autrefois, a bien du mal à répondre seul à la demande. Cette dépendance, inhabituelle jusqu’alors, marque une étape importante du processus naturel de leur vieillissement.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°57 Juillet 2013

 

Depuis la naissance de leurs enfants, ce sont les parents qui prennent soin ces derniers. Mais quand leur vie est soumise à l’épreuve du temps, la situation se trouve inversée. Ce rôle de parent de ses propres parents, y sommes-nous tous préparés ?
La question, pas si simple, suscite un tiraillement douloureux. Nous sommes au confluent de l’être et du désir d’une personne très âgée qui a besoin d’assistance. Nous vivons l’approche de la mort de nos parents qui nous rappelle notre propre finitude. Ce renversement des rôles génère souvent des sentiments contradictoires -tendresse, impatience, compassion, rejet, colère, deuil…-, d’autant plus vifs que ce moment s’impose brutalement, à un stade où nous commençons à dresser le bilan de notre vie et de ce qu’il nous reste à accomplir.

Restons en relation, autant que possible, avec nos aînés, c’est ce dont ils ont le plus besoin.

Alors comment accompagner nos parents vieillissants ? Et jusqu’où ?
Il appartient à chacun de répondre à cette question si complexe. Chacun devra faire son choix en toute conscience, afin de ne pas être poursuivi par les remords. Est-il besoin de le rappeler, la mort est sans retour, nous le savons. Quant aux larmes, elles ne ressuscitent guère les disparus.
Pour traverser au mieux cette difficile étape de la vie, trouvons donc la distance idoine en ne nous oubliant pas et en tâchant de ne pas trop nous éloigner. Restons en relation, autant que possible, avec nos aînés, c’est ce dont ils ont le plus besoin. Car ressentir qu’on est une mauvaise fille ou un mauvais fils et avoir le sentiment d’avoir, à un moment donné, baissé les bras, c’est si lourd à porter… après.
Pour ne pas être la proie de cette culpabilité oppressante et destructrice, mieux veiller sur un parent vieillissant devrait être une source de plaisir et de gratification. Pour nous, c’est l’occasion d’apprivoiser le grand âge -qui, malheureusement, ne jouit pas d’une image idéale-, de faire le deuil de l’éternelle jeunesse et d’affronter l’inéluctabilité de notre propre vieillissement.
Vis-à-vis de ceux qui nous ont donné la vie, qui nous ont élevés et vus grandir, c’est bien plus qu’une dette, c’est un devoir. L’affection et l’amour doivent rester le moteur premier.
Cette expérience, si généreuse, c’est aussi l’occasion de se rapprocher entre frères et sœurs et de grandir humainement, tant cette étape, qui nous prépare à la disparition de nos parents, nous offre l’opportunité de nous réconcilier. Et puis il n’est jamais trop tard pour leur dire plus souvent « je t’aime », ça les aidera à partir le cœur léger, la sérénité gravée sur le visage.

Élections CNOM

banner

Inscription

Copyright © Doctinews. All rights reserved. Powered byNolimitmaroc

Connexion  / Inscription

LOG IN

Register

User Registration
or Annuler