Dialyse péritonéale

Un cas d’ultime recours

La dialyse péritonéale est une technique séduisante qui ne trouve pas encore sa place dans notre pratique. A travers la présentation de ce cas, d’autres alternatives à l’hémodialyse en attendant la greffe rénale pourront peut-être être développées.

Doctinews N° 67 Juin 2014

Samira Bekaoui1, Intissar Haddiya1, Yassamine Bentata1 Hamid Madani2, Hayat Berkhli2, Abdenbi El Amri2, Brahim Housni2, Adnane Benzirar3, Omar Mahi2,
1. SERVICE DE NEPHROLOGIE - Oujda
2. SERVICE DE REANIMATION - oujda
3. SERVICE DE CHIRURGIE VASCULAIRE - oujda

L

a dialyse péritonéale est une technique d’épuration extrarénale qui peut être proposée en première intention dans la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale, au même titre que l’hémodialyse et la transplantation rénale. Son usage dans un contexte d’urgence est moins courant étant donné la pratique prépondérante de l’hémodialyse et ce, en dépit des multiples avantages qu’elle offre. Il s’agit d’une méthode de dialyse douce, qui utilise la cavité péritonéale comme une membrane d’échange permettant à l’organisme d’éliminer les déchets du métabolisme et de rétablir l’équilibre hydro-électrolytique et acido-basique. Les échanges se font à domicile, le plus souvent la nuit, rendant la technique plus appropriée aux enfants en âge scolaire et aux adultes professionnellement actifs. Elle peut être parfois la seule alternative à l’hémodialyse, tel le cas d’une patiente qui était hospitalisée à l’hôpital Al Farabi de Oujda.

Plus d’abord vasculaire
Il s’agit de Mme Fatima, âgée de 53 ans, hémodialysée chronique depuis 10 ans, anurique. Cette patiente n’avait plus d’abord vasculaire pour hémodialyse, malgré plusieurs tentatives de confection de fistules artério-veineuse et de prothèses vasculaires. La pose du cathéter d’hémodialyse était vouée à l’échec à cause des thromboses veineuses au niveau des différents sites de pose. Lors de son admission, la dernière séance d’hémodialyse remontait à plus de dix jours. La patiente présentait des signes de surcharge, d’hyperkaliémie menaçante et des stigmates d’urémie, réfractaires au traitement médical. Il fallait, de ce fait, décider d’un moyen urgent, afin de sauver son pronostic vital.

Seule issue
La dialyse péritonéale paraissait alors la seule issue possible dans ce contexte. Cependant, des contraintes de taille se sont érigées quant à la faisabilité de la technique. Il fallait d’abord convaincre la patiente et sa famille de l’intérêt d’une technique méconnue et de la population et de la plupart des médecins de l’hôpital. Le seul point positif était la volonté de l’équipe médicale de braver ces différents obstacles. De plus, ce serait la première véritable expérience dans la région orientale. Le cathéter péritonéal a été implanté par des chirurgiens vasculaires sous anesthésie générale et sa bonne position vérifiée par un ASP. Les échanges péritonéaux ont été entamés en post-opératoire immédiat en utilisant la dialyse péritonéale automatisée. Les résultats se sont avérés satisfaisants au bout de deux jours. Une fois stabilisée, la patiente à pu être transférée vers une autre structure pour complément de prise en charge.

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