Vente illégale de médicaments au Maroc

Vente illégale de médicaments au Maroc 11 mai 2021

Le point avec Dr Saadia Moutawakil

La présidence du Ministère public a adressé une circulaire, datant du 7 mai 2021, aux procureurs du Roi, au sujet de la vente illégale de médicaments, selon les dispositions de la loi 17.04 portant code du médicament et de la pharmacie .Plus de détails avec Dr Saadia Moutawakil, présidente du Conseil régional de l'Ordre des pharmaciens du Sud. 

Le Ministère public a émis une circulaire à l’attention des procureurs du Roi contre la vente illégale de médicaments. Pouvez-vous nous dire plus sur ladite circulaire ? 

Cette circulaire fait suite aux différentes plaintes des Conseils régionaux et de la Fédération National des Syndicats des pharmaciens du Maroc, ainsi que du Conseil régional de l'Ordre des pharmaciens du Sud (CRPOS) adressé directement aux ministères de la Santé, Public et de l’Intérieur pour dénoncer plusieurs points d’exercice illégal de la pharmacie et des circuits de vente illégale de médicaments. 

Ainsi, une alerte a été donnée par la présidence du Ministère public à tous les procureurs du royaume et à la police judiciaire pour procéder à des enquêtes et se mobiliser contre la vente illégale de médicaments sous toutes ses formes, notamment via internet. 

 

Comment cette circulaire a-t-elle vu le jour ?  

Le projet de cette circulaire a été entamé depuis le mois de janvier 2021. Une réunion a eu lieu, par la suite, entre la Direction du Médicament et de la Pharmacie (DMP), et le Ministère public dans ce sens. La problématique de vente illégale de médicament a largement été discutée entre ces différentes instances qui ne sont pas restées insensibles face à ce phénomène. 

À cette occasion, je remercie vivement l’effort consenti par la DMP et le Ministère public pour traquer les circuits de vente illégale de médicaments. Cette vente illégale se fait via internet, dans les commerces ou encore au niveau des Souks, notamment « Souk El Fellah », qui est le principal fournisseur du circuit illégal au niveau du royaume. Auparavant, nous avions des cas isolés mais on constate que ce phénomène prend de plus en plus d’ampleur. Juste au niveau de Laâyoune, quatre « pharmacies » exerçaient de manière illégale, sans aucun diplôme. De ce fait, le Conseil Sud a entamé des procédures judiciaires auprès des autorités locales qui ont permis la fermeture de ces « pharmacies » illégales. À cet égard, nous pouvons aussi citer l’exemple d’une « pharmacie » qui exerce de manière illégale en plein centre de la ville de Semara. Aussi, j’appelle les autorités locales à faire le nécessaire pour remédier à cette situation. D’ailleurs, le CRPOS avait engagé des poursuites judiciaires et des procédures auprès de l’autorité locale. 

Avec la DMP, nous avions travaillé sur plusieurs dossiers de circuits illégaux, notamment à Midelt, Béni Mellal, Marrakech…

Par ailleurs, il y a également le problème des parapharmacies et des associations qui vendent des médicaments et des produits de santé, tels que défini par la loi 17.04, sans en avoir le droit. Ces lieux doivent également être traqués et poursuivis en justice. 

 

Fort heureusement, cette problématique a eu l’écho espéré auprès du Ministère public qui a émis cette circulaire afin que les sanctions soient dissuasives et le plus sévère possible pour stopper ces pratiques. Maintenant pour donner suite aux poursuites judiciaires, c’est du ressort des Conseils régionaux de porter plainte et Maintenant les interlocuteurs des tribunaux. 

 

En tant que présidente du CRPOS , voulez-vous adresser un message aux pharmaciens ?

J’appelle tous les syndicats ainsi que toutes les pharmacies du royaume à nous signaler les points de vente illégaux au niveau de leur région, ou encore d’avoir recours à la justice et d’informer leurs Conseils régionaux respectifs, pour que ces derniers puissent faire le nécessaire auprès des tribunaux , comme le stipule la loi.

Face à la forte mobilisation de tout le royaume, il nous incombe d’apporter notre aide sur le plan local et régional pour que ce circuit, qui constitue une menace pour la santé du citoyen marocain, soit éradiqué dans les plus brefs délais. 

Nul ne peut ignorer que ces circuits illégaux sont une aubaine pour les trafiquants de médicaments falsifiés. Ce qui constitue un véritable danger pour la santé publique. 

C’est avant tout un devoir citoyen de tous les pharmaciens et syndicats de dénoncer et d’informer leur Conseils régionaux respectifs. 

 

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