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Dysménorrhée : Un phénomène physiologique, mais …

Doctinews N° 26 Octobre 2010

La menstruation a toujours été entachée d’une perception négative et nourrie de préjugés populaires et religieux. Synonyme autrefois de maladie, d’impureté et d’isolement, sa survenue occasionne encore de nombreux malaises au point que certaines femmes la vivent comme un handicap physique et psychique. Destin biologique ou trouble gynécologique ? Voici quelques éléments de réponse sur ce phénomène cyclique.

Mohamed_Noun Mohamed Noun

La dysménorrhée primaire est liée à la production de prostaglandines durant les menstruations.

Dysménorrhée. Apprivoiser le phénomène sans les fondements scientifiques serait aussi compliqué que la menstruation. Un état physiologique encore considéré, sous le poids d’idées simplistes, sans nécessité physiologique et qu’on tente même de supprimer !

Les scientifiques, faisant peu de cas de ce discours stigmatisant et excellant dans leurs recherches, dévoilent les quatre vérités du cycle féminin. « La menstruation est un écoulement sanguin qui se produit périodiquement chaque mois sous l’influence de sécrétions hormonales.» Mais qu’en est-il des douleurs abdominales basses ou lombaires qui surviennent pendant les menstruations? Comment expliquer les malaises connus sous le nom de « dysménorrhée »?

Une expérience à répétition
La dysménorrhée se caractérise par des spasmes menstruels douloureux, nausées, asthénie, lipothymie et autres sensations pénibles. Ces spasmes, qui débutent au niveau du bas-ventre, irradient vers le dos, parfois vers la région inguinale ou le périnée, les membres inférieurs et l’abdomen. Ces troubles apparaissent avec les règles ou dans les heures qui les précèdent et durent en moyenne 24 à 36 heures. Rarement isolés, ils s’accompagnent de nausées, vomissements, diarrhées…
Cette situation pathologique fréquente (60 à 80% des adolescentes, 30 à 50% des femmes en période d’activité génitale) peut s’étaler depuis l’adolescence jusqu’à la péri-ménopause.
Chez l’adolescente, les douleurs s’amenuisent avec les années et disparaissent souvent après le premier rapport sexuel, sinon après une première grossesse. Toutefois, lorsqu’elles sont très intenses et persistent après les saignements, elles peuvent être évocatrices d’une malformation génitale ou d’une endométriose pelvienne. La prévalence des douleurs menstruelles varie de 50 % à 80 %, selon le groupe d’âge, dont 5 % à 15 % ne peuvent exercer leurs activités quotidiennes habituelles. Il en découle un repos forcé et un absentéisme scolaire ou professionnel.
Le mécanisme étant inconnu, plusieurs hypothèses se présentent : anomalie de la contractilité de l’utérus, trouble de la vascularisation utérine, excès de prostaglandines, troubles hormonaux, psychologiques ou hérédité. Certains pensent que cette douleur serait liée à des contractions utérines anormales et à une modification de la circulation sanguine utérine (ischémie myométriale).

Une prise en charge encore négligée
Par pudeur ou pour des raisons culturelles, nombreuses sont celles qui négligent la prise en charge de cette « fatalité face à laquelle il n’y a rien à faire », quand l’automédication est sans issue chez certaines femmes. Toutefois, consulter un médecin pour ce symptôme n’est indispensable que quand les menstruations s’accompagnent de douleurs invalidantes, altérant la qualité de vie et le moral, au début de l’adolescence.
La consultation médicale est aussi nécessaire lorsqu’il s’agit d’une femme menstruée depuis plusieurs années et chez laquelle les spasmes menstruels s’intensifient ou s’accompagnent de saignements inhabituels. La prise en charge devient d’autant plus obligatoire que la dysménorrhée peut entraîner une détresse psychologique, de l’anxiété et même une dépression.
éliminer une pathologie organique à l’origine de la dysménorrhée est une démarche importante. Cela repose sur un interrogatoire méticuleux, un examen clinique attentif, une échographie pelvienne et un bilan biologique.
Le traitement de la dysménorrhée dépend de l’intensité des symptômes, du résultat des traitements antérieurs, de l’existence de troubles du cycle et du besoin en contraception.
Le traitement fait appel au paracétamol, aux AINS (surtout les anticox-2), aux progestatifs du 16e au 25e jour du cycle et à la contraception œstroprogestative. D’autres méthodes peuvent compléter cette gamme thérapeutique (type Omega3, acupuncture, chiropraxie).
S’il y a échec, une cœlioscopie s’avère nécessaire. Si cette dernière est normale, il s’agit d’une forme sévère de dysménorrhée primaire. Dans le cas contraire, il s’agit d’une dysménorrhée secondaire et un traitement de la lésion causale est à instituer.

Symptôme fréquent, en particulier chez les très jeunes femmes dont les menstruations commencent, la dysménorrhée peut également refléter un problème gynécologique (endométriose ou fibromes utérins). Aussi, le suivi médical passera-t-il avant tout par le traitement de ce problème éventuel.

Chiffres et faits

- Entre 40 et 90 % des femmes souffrent de dysménorrhée.
- La dysménorrhée primaire est plus fréquente entre 15 et 19 ans, puis recule par la suite.
- Chez 5 à 14 % des adolescentes, il y a un absentéisme scolaire régulier en raison de ces symptômes.
- Entre 13 et 51 % des femmes ont été absentes au moins une fois dans leur vie à l’école ou au travail à cause de la dysménorrhée.

Formes de dysménorrhée

Lorsqu’elle débute vers l’adolescence, la dysménorrhée est dite «primaire». C’est un trouble qui n’est pas lié à une pathologie précise. Sa survenue coïncide avec l’apparition des cycles menstruels. Elle cède souvent après le premier accouchement. L’examen clinique est souvent normal.
Lorsque la douleur apparaît pour la première fois au-delà de la trentaine, il s’agit d’une dysménorrhée «secondaire», généralement «organique», c’est-à-dire associée à une pathologie. Les jeunes filles sont rarement touchées par ce type de dysménorrhée. Une échographie, une hystérographie ou une cœlioscopie sont nécessaires si certains signes font penser à une origine organique.

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