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Yasmine Bengeloun : Directeur Général des laboratoires MSD Maroc.

Doctinews N°43 Avril 2012

Depuis de nombreuses années, les Laboratoires MSD participent au développement de l’industrie pharmaceutique locale à travers des activités de transfert de technologie, d’assistance et de support technique, parallèlement à leurs activités liées à l’information médicale. Dans un environnement en pleine mutation, l’entreprise poursuit une stratégie orientée vers le renforcement de l’offre et l’élargissement de l’accès aux médicaments. L’engagement au service du progrès thérapeutique est là, il est solide, et les attentes aussi.

Yasmine-Bengeloun Bengeloun


‘‘ Les pays les plus à même d’attirer un groupe pharmaceutique tel que MSD sont ceux qui intègrent le progrès thérapeutique dans le développement de leur pôle santé. ’’

Doctinews. La croissance a semble-t-il été particulièrement timide pour l’industrie pharmaceutique en 2011. Quel est le bilan de MSD pour l’année 2011 et comment analysez-vous ces résultats ?
Yasmine Bengeloun.
L’industrie pharmaceutique évolue sur un marché dont la vitesse de croissance s’est ralentie depuis 2010, après avoir connu une période de croissance soutenue, autour de 10 %, avec la mise en place de l’AMO en 2005. Pourtant, le potentiel est là, et nous pouvons mieux faire. En 2011, MSD a réalisé une croissance plus soutenue sur le segment attribué au secteur public, ce qui dénote, d’une part, la volonté du gouvernement d’investir dans ce domaine et, d’autre part, notre volonté de l’accompagner dans ses orientations pour l’accès d’un plus grand nombre de patients aux médicaments.
Globalement, nous avons lancé plusieurs initiatives pour augmenter notre croissance. Nous sommes en train de digérer une grande fusion avec les laboratoires Schering-Plough, intervenue au Maroc au premier trimestre 2010, et aujourd’hui en finalisation. Nous travaillons activement pour accélérer notre développement sur différents domaines thérapeutiques tels que l’asthme, le diabète, l’hépatite C, les vaccins, pour ne citer que ces derniers. Car si la dynamique d’un marché est liée à l’offre de produits, elle l’est également à l’introduction de nouveaux produits.

Quelle est votre stratégie à court, moyen et long terme ?
Sur le court terme, l’équipe MSD Maroc a travaillé récemment à l’élaboration d’une feuille de route établissant les étapes de la croissance pour les années à venir. Les axes de cette stratégie s’orientent clairement vers un renforcement de notre offre, aussi bien en termes de portefeuille produits et services que sur le plan de l’élargissement de l’accès aux traitements à plus de patients. Au final, notre stratégie s’aligne avec celle de nos autorités de tutelle.
Nous étoffons par ailleurs notre offre de services fondamentaux liés à la formation continue par de nouvelles solutions s’adressant aux corps médical et pharmaceutique et accessibles par Internet. Par exemple, la plateforme Univadis, que nous venons de mettre à la disposition des pharmaciens, est un service proposé aux médecins depuis plus d’un an. Nous intervenons dans un domaine en perpétuelle évolution et, pour prendre la bonne décision thérapeutique, le professionnel de santé doit avoir accès rapidement et en permanence à l’information. Toutes ces initiatives viennent conforter notre vision qui consiste à être un partenaire de santé reconnu pour ses produits et ses services, son standard d’éthique, qui apporte de la valeur à un plus grand groupe de patients et dont nos équipes sont fières de faire partie.


La baisse des prix des médicaments semble inévitable avec, d’un côté, la promotion des médicaments génériques et, de l’autre, la mise en place de l’AMO et du Ramed. Comment MSD se prépare-t-il à ces changements ?
De notre point de vue, la compétitivité d’un marché est la voie la plus efficace pour garantir la qualité, l’approvisionnement et l’aspect abordable. Le problème des contrôles stricts de prix est qu’il y a toujours un élément arbitraire et que l’on risque de ne pas trouver le bon équilibre entre l’ambition de renforcer l’investissement dans le secteur pharmaceutique et d’assurer l’accès à de nouveaux traitements prometteurs. Pour les pays émergents, la question est de savoir quelle serait la bonne méthodologie de fixation des prix. Toutes les associations de l’industrie pharmaceutique en relation avec le ministère de la Santé travaillent en ce moment pour arriver au juste prix. Cependant, au-delà du prix, il y a plusieurs facteurs à considérer pour garantir un accès optimisé aux soins. D’autres composantes, comme la formation médicale continue des professionnels de santé et l’information du patient concourent à la maîtrise des dépenses de santé.
À titre d’exemple, dans le cas de l’hépatite C, un patient informé peut contribuer à la prévention et éviter ainsi que son entourage ne contracte le virus. En tant qu’opérateurs de l’industrie pharmaceutique, nous nous devons de contribuer à endiguer la prolifération de cette maladie par l’information et l’éducation du patient.
À l’heure où l’AMO se renforce et où le RAMED se met en place, nous avons un rôle à jouer dans l’intensification de notre engagement au Maroc.

Le progrès thérapeutique comme vecteur de développement de l’entreprise et du pays, tel est, en quelque sorte, votre leitmotiv ?
MSD, qui est un leader de la santé à l’échelle mondiale, transforme les avancées scientifiques en produits susceptibles de sauver des vies ou d’améliorer l’existence des personnes malades. Notre slogan, «Be Well», l’exprime bien ; l’excellence dans la science et l’innovation au service de la santé, en mettant l’accent sur les besoins médicaux non satisfaits. La R&D est la pièce centrale de la stratégie de croissance au sein des Laboratoires MSD. L’innovation est la seule voie durable pour créer de la valeur sur le long terme pour les patients et pour les professionnels de la santé. Lorsque d’autres sociétés pharmaceutiques annoncent une réduction de leurs efforts de recherche, MSD continue son investissement dans la R&D pour soutenir les talents, accélérer le développement des médicaments et apporter les meilleures solutions pour les pays. MSD a obtenu des succès dans l’innovation et la R&D. Avec, aujourd’hui, plus de 30 candidats en phase II et III, le pipeline est solide.
Nous voulons être reconnus comme une compagnie engagée dans les défis de santé les plus difficiles et qui, à travers sa recherche, a un impact profond sur la vie de millions de personnes à travers le monde.
Comme l’a souligné notre nouveau ministre de la Santé dans votre tribune, la santé est un investissement pour la société. En tant que tel, il se doit d’être dirigé vers les solutions les plus efficaces. En effet, un élargissement de l’accès aux soins d’un plus grand nombre de patients passe par une meilleure prise en compte des coûts de santé, particulièrement des données épidémiologiques ou pharmaco-économiques.

La santé de la femme est un créneau dans lequel les Laboratoires MSD ont toujours été très impliqués (fertilité, vaccination contre le cancer du col, contraception avec des méthodes innovantes…). Qu’est-ce qui motive cet engagement ?
Notre gamme de produits est alignée sur les besoins de notre pays où les pathologies ressemblent de plus en plus à celles des pays plus industrialisés. Les maladies cardiovasculaires, le diabète, la santé de la femme, l’arthrose, l’asthme, l’hépatite C, les vaccins, le sida représentent aujourd’hui les domaines thérapeutiques clés de MSD.
Nous pouvons dire en effet que MSD est une société qui s’intéresse fortement à la santé de la femme. Notre portefeuille de produits accompagne la femme de la naissance à l’âge adulte, ce qui nous place dans une position unique dans ce domaine.
En septembre dernier, Kenneth C. Frazier, Chairman et Chief executive officer de Merck/MSD, a annoncé à la tribune des Nations Unies l’engagement de MSD sur dix ans intitulé : « Merck for mothers ». Cette initiative s’inscrit dans le «millenium goal» des Nations Unies avec l’objectif de réduire le ratio de mortalité maternelle de 75 %. Comment ? En renforçant la formation médicale continue pour les professionnels de santé impliqués en première ligne dans cette lutte, en rendant disponible des solutions ayant prouvé leur efficacité la plus large possible et en développant de nouvelles technologies abordables. L’accès au planning familial joue aussi un rôle important dans la réduction de la mortalité maternelle.
Créer un monde dans lequel aucune femme ne devrait mourir de complications liées à la grossesse ou perdre la vie en donnant naissance à un enfant est une lutte qui nous anime constamment.

Vous avez mis en place une unité dédiée à la pharmacie. Pourquoi ce rapprochement et quels sont vos objectifs à travers cette politique ?
Le pharmacien est un partenaire de santé important. De par sa proximité avec les patients, il participe au succès du traitement en favorisant son suivi. Une plus grande adhésion au traitement augmente le résultat attendu et peut ainsi améliorer la santé dans certaines pathologies et/ou réduire les coûts de la maladie.
MSD n’a pas assez approché les pharmaciens auparavant et nous nous rattrapons aujourd’hui par cette unité dédiée. Officine Expo a d’ailleurs vu pour la première fois la participation de MSD en 2012 ce qui traduit notre volonté d’intégrer le pharmacien parmi notre clientèle, au-delà de nos clients traditionnels.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis du nouveau gouvernement ?
Dans ce secteur stratégique, nous aspirons à une politique de santé globale qui encourage l’investissement par des décisions prédictibles ; la politique de prix et de remboursement en font partie. Egalement une politique qui encourage l’innovation à travers l’enregistrement rapide des nouveaux produits et leur remboursement, qui soutienne les études cliniques pour conduire des activités de R&D localement avec, à la clef, des emplois et le développement de potentiels.
La perspective d’élargissement de l’accès aux soins par la généralisation du RAMED et l’extension de l’AMO représente un motif d’attractivité pour MSD qui investit dans la région.
Cependant, la taille d’un marché n’est pas tout. Les pays les plus à même d’attirer un groupe pharmaceutique tel que MSD ne sont pas forcément les plus grands en population ou par la dimension de leur secteur pharmaceutique, mais bien ceux qui intègrent le progrès thérapeutique dans le développement de leur pôle santé.

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