Connectez-vous pour profiter de doctinews en illimité

Facebook Login

ou
Entrez votre adresse e-mail

saisissez le mot doctinews

En cliquant sur « Se connecter », je reconnais avoir pris connaissance des Conditions Générales d’Utilisation et de la Politique de Protection des Données et je les accepte.

Archives

Prise en charge de la douleur : Le rôle du pharmacien

Doctinews N° 50 Décembre 2012

Les laboratoires MSD ont organisé le 22 novembre dernier à Casablanca une table ronde sur le thème de la prise en charge de la douleur au comptoir. Les pharmaciens qui ont participé à cet événement ont pu s’informer sur les différents types de douleur et les thérapeutiques préconisées pour soulager les patients.

Fatima-Zohra-alaoui Pr Alaoui

Le pharmacien est généralement la première personne à être consultée par un patient qui ressent une douleur, de quelque nature que ce soit. Il doit donc être en mesure de lui proposer le traitement le plus adapté à son état pour le soulager rapidement et l’orienter vers un médecin généraliste ou spécialiste en cas de besoin. Une démarche qui nécessite une bonne connaissance des types de douleurs, de leurs mécanismes et de leurs manifestions cliniques.

Evaluer pour mieux traiter
Selon le Pr Fatima Zohra Alaoui, professeur agrégée en médecine interne au CHU de Casablanca et animatrice de la table ronde, la douleur peut se manifester sous plusieurs formes. Elle peut être organique, psychique, nociceptive (lésion périphérique due à une agression directe) ou neurogène (due à une lésion du système nerveux). « Pour une prise en charge efficace de ces différents types de douleur, il est nécessaire de prendre en compte plusieurs éléments, notamment les facteurs environnementaux, psychologiques et socio-économiques », a-t-elle expliqué avant de mettre l’accent sur l’importance de connaître la sémiologie de la douleur. « La douleur peut être soit chronique soit aigüe. Cette dernière se caractérise par sa rapidité de déclenchement et sa brutalité. Il s’agit d’un signal d’alarme qui peut être très utile au diagnostic étiologique. La douleur chronique, quant à elle, n’est pas limitée dans le temps, et est généralement sourde. Elle est plus difficile à traiter et nécessite le plus souvent une prise en charge multidisciplinaire », a-t-elle souligné.
Autre élément à prendre en compte, l’intensité de la douleur. Selon la praticienne, les médecins et les pharmaciens doivent essayer d’évaluer avec précision le degré de souffrance du patient pour lui prescrire les thérapeutiques à même de le soulager rapidement. « Il existe plusieurs méthodes qui permettent de mesurer la souffrance du patient, comme l’échelle visuelle analogique, une petite réglette graduée en millimètres qui contient un curseur que le patient doit déplacer pour exprimer le niveau de sa douleur », a-t-elle indiqué.

Un traitement par paliers
L’OMS a défini trois paliers de traitement de la douleur qui permettent une réponse graduée et appropriée aux souffrances du patient. Le premier comprend une gamme de médicaments non morphiniques tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), l’aspirine et le paracétamol. Ils sont destinés à traiter des douleurs généralement peu intenses. Le deuxième palier est composé de morphiniques faibles tels que la codéine et le tramadol qui peuvent être envisagés face aux douleurs intenses. Le troisième palier regroupe les produits morphiniques (morphine, fentanyl…) généralement préconisés pour traiter les douleurs liées à certaines pathologies lourdes comme le cancer.
En première intention, les AINS sont les plus utilisés chez les patients souffrant de douleurs chroniques ou aigües. Ils ont un effet antalgique supérieur à celui du paracétamol et peuvent être délivrés par le pharmacien sans ordonnance, à condition d’observer certaines précautions. « La vigilance doit être de mise lorsque le patient souffre de problèmes rénaux, d’hypertension, ou lorsqu’il suit un traitement d’antiagrégant plaquettaire. La durée de traitement ne doit pas dépasser une dizaine de jours, sauf avis médical, pour éviter que des complications ne surviennent », a noté le Pr Alaoui. Les associations de médicaments peuvent également, dans certains cas, optimiser la prise en charge de la douleur. Elles doivent toutefois être rationnelles pour ne pas entraîner des effets secondaires chez le patient.
Mais au-delà du type de traitement prescrit, de sa durée et des associations de médicaments qui peuvent être envisagées, le plus important, dans une démarche visant une prise en charge efficace de la douleur, est d’installer un climat de confiance entre soignant et soigné et d’être à l’écoute du patient en permanence. Il a été démontré, en effet, qu’une telle démarche permet d’atténuer significativement la douleur du patient et ce, avant même d’entamer le traitement.

Copyright © 2023 Doctinews.

All rights reserved.