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Pharmacovigilance : La responsabilité incombe à tous

Doctinews N°41 Février 2012

Il n’est plus illusoire de penser que, demain, nous disposerons de traitements individualisés, spécifiquement adaptés à chaque maladie. Les progrès de la médecine, soutenus par la recherche menée par l’industrie pharmaceutique, sont incontestables.

Ismail_Berrada Ismail BERRADA

En l’absence d’une base de données nationale, le Maroc suit les recommandations internationales sans tenir compte des spécificités locales.

Cependant, malgré tous les efforts mis en oeuvre pour assurer la sécurité et l’efficacité des médicaments, aucun d’entre eux n’est dépourvu de risques. Les essais cliniques, contrôlés et réglementés, sont un préalable incontournable à la mise sur le marché d’un médicament. Ils permettent de révéler un certain nombre d’effets secondaires ou indésirables, mais ne s’appliquent qu’à un nombre limité de volontaires (en bonne santé et malades), et sur une courte période. Au fil du temps, lorsque l’usage d’un produit est étendu à l’ensemble de la population, des effets indésirables jusque-là méconnus peuvent se déclarer. Il est donc nécessaire d’évaluer les bénéfices et les risques des médicaments tout au long de leur cycle de vie. D’où le rôle de la pharmacovigilance, considérée comme un indicateur du niveau de qualité des soins dispensés dans un pays.
Au Maroc, la base de données du Centre National de Pharmacovigilance ne contient que 25 726 déclarations d’événements indésirables pour la période 1990-2010. En 2010, le volume de déclarations n’a pas dépassé 3 400. Pourquoi si peu de notifications ? Par méconnaissance du système ? Par peur des lourdeurs administratives ? Parce que la culture de l’oral cède encore à la culture de l’écrit ? Par manque d’encadrement réglementaire ?
Un peu tout cela à la fois, finalement ! Les patients, eux-mêmes, ont-ils conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans ce système ? Il n’est déjà pas facile, pour certains d’entre eux, d’accéder aux médicaments. Alors, s’en plaindre !
Comment, dans ce contexte, répondre aux termes de la Déclaration d’Erice* qui stipule que « surveiller, évaluer et rendre compte de la sécurité d’emploi des médicaments sont des activités de santé publique aux répercussions profondes, et qui dépendent de l’intégrité et de la responsabilité collective de toutes les parties impliquées : consommateurs, professionnels de santé, chercheurs, universitaires, journalistes, industriels du médicament, professionnels des agences officielles du médicament, gouvernements et organisations internationales ». Il faut, sans aucun doute, communiquer, informer, rassurer. Il faut également former, organiser et règlementer. Car en l’absence d’une base de données nationale suffisamment fournie, le Maroc suit les recommandations internationales, notamment celles françaises. C’est sans tenir compte de certaines spécificités locales, sachant que les effets indésirables peuvent provenir d’une interaction avec un médicament traditionnel, de l’automédication dont on sait qu’elle est d’usage courant et aisé dans notre pays, ou encore de l’utilisation de médicaments contrefaits, un fléau bien réel. Alors, même en cas de doute, il faut notifier. Cela peut permettre de sauver des vies !


* La Déclaration d’Erice est issue de la Conférence internationale de 1997 sur l’amélioration de la communication des informations en pharmacovigilance.

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