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Education sexuelle : Remplissons-nous vraiment notre rôle?

Doctinews N°50 Décembre 2012

Cela fait plus de trente ans que la lutte contre le Sida a commencé. Mais malgré les moyens formidables engagés dans ce combat, le nombre de personnes contaminées par le VIH ne cessent d’augmenter au Maroc comme ailleurs. En juin 2012, notre pays en comptait environ 29.000, dont 85 % d’hétérosexuels, 71 % âgés de 25 à 44 ans et 78 % vivant en milieu urbain !

Ismail_Berrada Ismail BERRADA

l’éducation sexuelle est restée le parent pauvre des actions entreprises par les ONG et l’Etat.

Face à ces données -à méditer-, les recommandations émises et les dispositifs mis en place, en matière de prévention, ne devraient-ils pas être remis en cause ?
Sans nulle intention de dénigrer les progrès accomplis, il me semble que la promotion de l’éducation sexuelle est restée le parent pauvre des actions entreprises par les ONG et l’Etat. À l’ère de la désinstitutionalisation du sexe, en effet, l’épidémie du Sida (effective et reconnue) et celle des MST, estimée sous-diagnostiquée et sous-déclarée, des questions telles que : « Qu’est-ce que l’éducation sexuelle ? », « Qui doit la dispenser ? », « À qui doit-elle être dispensée ? » et « Comment doit-elle être dispensée ? », traduisent encore une grande angoisse, tant chez la population (quand elle est avertie) que chez les décideurs.
Pourtant, la notion d’éducation sexuelle est censée acquérir un sens plus « noble » et une légitimité effective et opérationnelle. Et s’il est vrai que le danger du Sida et, avant lui, la contraception, ont monopolisé l’attention des politiques sanitaires et sociales, les plus vives polémiques, notamment à propos des grossesses non désirées et des avortements clandestins risqués, ne l’ont toujours pas libérée des contraintes mythifiées.
Au-delà du savoir biomédical et psychologique, l’éducation sexuelle exige avant tout le développement d’une certaine culture. Laquelle devrait se baser, entre autres, sur un équilibre harmonieux entre la valorisation de l’égalité des sexes et nos spécificités arabo-islamiques. La tâche n’est certes pas mince, un tel débat devant engager l’ensemble des citoyens : famille, école, société civile, oulamas, juristes, professionnels de la santé, mais également instances gouvernementales. Tous sont concernés par la mise en place d’une approche concertée pour résoudre cette problématique et faire évoluer les mentalités.
Le développement de ces réflexions serait ainsi le vrai fondement d’une éducation sexuelle pouvant engendrer de nouveaux comportements et, par là, aboutir à une santé mentale et physique correcte, et au bien-être soutenu de l’individu et de la société.
Si la bêtise humaine, tout comme l’imagination, reste sans limites, l’être humain a le droit de « faire ses expériences » et de se tromper car, de toute façon, pour continuer à exister, il doit évoluer… La preuve en est que même les plus grosses erreurs ont souvent leur raison d’être, en ce qu’elles permettent, tôt ou tard, de tirer -quand bien même douloureux-un enseignement utile.

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