Santé mentale

Le silence, ce facteur aggravant

Il y a le silence qui veut tout dire et celui qui cache tout. Dans les deux cas, le pire n’est-il pas de se sentir obligé de se taire ?

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°31 Mars 2011

 

À la veille de la célébration de la Journée du 8 Mars, pensons d’abord à ces femmes qui, pour une raison ou une autre, gardent le silence durant les querelles de ménage, oubliant -ou ne sachant pas- qu’elles courent ainsi quatre fois plus de risques de mourir d’une maladie cardio-vasculaire par rapport à celles qui s’extériorisent et expriment leur point de vue.  Le contexte se prête à mûrir davantage les réflexions sur ce sujet.
Mais là, je vous invite à penser surtout à ces personnes, hommes ou femmes, qui souffrent ou souffriront d’une maladie mentale à un moment donné de leur vie.

 

 Par peur du regard des autres, les malades étouffent leur souffrance dans le silence. La discrimination est encore trop présente.

roubles de l’humeur ou de l’alimentation, schizophrénie, toxicomanie, anxiété ou dépression bipolaire, voilà des maladies mentales qui provoquent un déséquilibre chimique, un stress intense, des douleurs vives, un deuil, une peine profonde… la liste est longue pour décrire leur existence difficile !
D’autant que ces personnes ne vont pas aller chercher l’aide dont elles ont besoin. Les stigmates rattachés à la maladie mentale sont si tenaces qu’ils les obligent à souffrir en silence, et la discrimination est si oppressante qu’elles n’ont pas le courage de faire part de leur état à leur famille ou à leurs amis.
Il n’est donc pas étonnant que les  répercussions soient considérables. La peur du regard des autres, teinté de préjugés, les amène souvent à différer une demande de soins, à ne pas suivre le traitement recommandé et à éviter de discuter de leurs préoccupations avec leurs proches. Au même titre que le poids de ces répercussions, les coûts directs et indirects liés à la maladie mentale, en termes de traitements, de soins de santé et de perte de productivité sont énormes, de surcroît quand cette dernière frappe des populations jeunes.
Moralité, ici la discrimination ne doit pas avoir de place. Face à cette maladie, nous sommes tous vulnérables. Il n’y a aucune différence entre la maladie mentale et les autres affections. Surmontons donc nos préjugés par  la communication !
Il est clair que le changement de mentalité ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut du temps et, surtout, des efforts de la part de chacun. Parents, conjoints, amis, employeurs et employés peuvent tous contribuer au succès du traitement et au rétablissement du malade dès lors que ce dernier se sentira compris et épaulé.

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